Mercredi 11 juin 2008

Organisée par Le Cercle des Entrepreuneurs du Futur, une conférence avait lieu le 11 juin 2008 à UIMM, sur le thème suivant : "L'innovation est-elle transgressive et impertinente par nature ?"

Marc Giget en était l'intervenant principal, et il a traité le sujet avec brio, et cette pointe d'ironie acide propre à ceux qui ont beaucoup vécu.

Quelques citations notées à la volée :
- "L'innovation commence là où la norme s'arrête"
- "Il n'y a innovation que s'il y a proposition" (ie pas dans la critique stérile)
- "Il n'y a impertinence que s'il y a autorité" (ie autorité à défier par cette impertinence)
- "L'innovateur peut-être acculé à l'impertinence" (quand c'est sa dernière manière de s'exprimer ?)
- "L'innovation est révolutionnaire, mais elle commence discrètement. Elle cherche à aider les gens, pas à les agresser"
- "Il n'y a pas d'innovation de rupture sans création de nouvelles structures. On ne peut bien le faire de l'intérieur"
- "L'innovation radicale ne se définit pas par rapport au passé (l'Ipod n'est pas un CD Killer)"
- "Innover c'est prendre des risques, rompre les amarres"
- "Il y a deux ans, une association française a tenté de faire passer une loi contre les blogs, 'parce que l'on ne peut pas laisser publier n'importe quoi'... comme il y a 6 siècles avec l'imprimerie !"
- "L'innovation vient de la multiplicité des initiatives" (il faut donc multiplier le nombre d'acteurs)
- "Il faut séparer le régulateur du leader du domaine"
- "L'innovation est une posture. L'innovateur disparaît derrière l'innovation"
- "Les grandes innovations ont été conçues par des gens matures" (ie > 50 ans)

- "Syndrôme français :"Il ne faut pas faire n'importe quoi" " (ie il est difficile d'innover en France)
- "15 000 français sont allés créer une société hors de France, depuis 10 ans" (idem)
- "Pour une grande structure, tout ce qui est nouveau est petit... donc sans importance" (idem)
- "La France a un environnement trop agressif vis-à-vis des innovateurs"
- "On estime qu'aucune société Française n'aurait les compétences internes ou le réseau nécessaire à la conception de l'iPhone"
- "Le terme "Capital-Risque" ne rend pas hommage à l'expression "Venture Capital" initiale... si vous avez une aventure et que votre conjoint(e) l'apprend, si il/elle n'est pas trop jaloux(se), peut-être vous demandera t-il/elle si vous n'avez pas pris de risque" (bref, Risque = ennui de l'Aventure...)

Par Fabrice Poiraud-Lambert

par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Innovation
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Samedi 24 mai 2008
Comment innover en jouant avec une foule de gens inconnus et potentiellement non qualifiés ? A l'heure où les défis économiques, technologiques, écologiques, biologiques sont de plus en plus complexes à relever, les départements de R&D et marketing font appel à la "foule" pour les aider à trouver des solutions innovantes.

Ce principe, connu sous le nom de "
Crowdsourcing", littéralement "approvisionnement par la foule", a été particulièrement bien illustré par le site www.innocentive.com, projet créé par le laboratoire Eli Lilly et où des entreprises et des scientifiques peuvent déposer des problèmes, et où des individus peuvent proposer des solutions et gagner des prix (1). Plus de 25 000 scientifiques de toutes nationalités se sont enregistrés en tant que « résolveurs » potentiels, et certains problèmes industriels complexes trouvent des solutions en quelques jours, provenant parfois de personnes que nul n’aurait songé à questionner. Quelle entreprise peut se permettre d’embaucher 25 000 scientifiques ?

Jeff Howe, qui a été l'un des premiers semble t-il a parler de Crowdsourcing, sur le site Wired, a édicté une règle de fonctionnement de ce processus :
1. La foule est dispersée;
2. La foule a peu de temps à vous accorder;
3. La foule est pleine de spécialistes;
4. La foule produit la plupart du temps de la merde ;
5. Mais elle sait aussi trouver la matière la plus appropriée.

Cette utilisation du Crowdsourcing
semble se propager sous diverses formes, certaines sous la forme de boites à idées à la sauce web 2.0, d'autres sous la forme de Serious Games.

Si ces "Jeux sérieux" étaient utilisés jusqu'ici le plus souvent pour de la formation, Foldit est un serious game qui a pour objectif d'aider les scientifiques à trouver de nouveaux moyens de plier des protéines, exercice très complexe qui demande normalement beaucoup de temps de calcul à des ordinateurs très puissants (parfois 30 ans de calcul !), mais que des humains normaux, même des enfants, pourraient révolutionner sans avoir besoin de compétence particulière.

(1) pour en savoir plus : Eurotechnopolis "InnoCentive, la première des Bourses des Savoirs révolutionne la R&D",
http://www.eurotechnopolis.com/fr/npailleurs/npailleurs.html

Par Fabrice Poiraud-Lambert

(Inspiré par InternetActu 1 et InternetActu 2)
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Innovation
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Lundi 14 avril 2008
La collaboration électronique peut prendre bien des formes, et les univers 3D ont récemment révélé l'un des potentiels les plus intéressants, au point que le bon vieux web 2D en (re)devient d'autant plus plat !

Après avoir animé à titre professionnel et à temps plein des espaces commerciaux ou RH (recrutement) dans Second Life pendant près d'une année, les créatrices de
Guid'line ont décidé de relevé un défi intéressant et innovant : créer, en parallèle de leur activité dans les mondes 3D, une nouvelle forme d'assistance. En effet, elles proposent maintenant, ni plus ni moins que d'assurer une présence humaine sur n'importe quel site 2D traditionnel !


Elles utilisent pour cela de petits avatars en pseudo 3D qui peuvent apparaître au bas de n'importe quel site web traditionnel, pour peu que vous vous soyez créé un compte weblin.

Guid'line offre ainsi un service d'accueil beaucoup plus humain que les animations telles Virtuoz

Si ce type de prestation n'est pas adapté à tous les types d'activité, on peut imaginer toutes une gamme de sites où une présence peut apporter une valeur ajoutée intéressante, en permanence ou à l'occasion d'évènements spécifiques. 

Ne s'agit-il pas au passage d'une nouvel forme d'emploi ?
 
Par Fabrice Poiraud-Lambert
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Innovation
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Dimanche 13 avril 2008
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Innovation
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Dimanche 2 mars 2008
En dehors de l’innovation générée par les organisations (via la R&D, l’ajout de fonctionnalités, la création de nouveaux concepts), il existe une autre forme d’innovation désignée sous le terme « d’innovation ascendante ». Cette forme d’innovation est liée aux « usages » personnels que les individus font des produits, usages qui tendent à améliorer le produit d’origine, voire à le détourner complètement pour en faire quelque chose d’autre, de nouveau ou de différent.
 
L’exemple souvent cité (1) est celui du marché de la planche à voile, qui s’est fortement développé en s’ouvrant au grand public, grâce à une invention de jeunes surfeurs hawaïens, qui avaient bricolé des cale-pieds sur leur planche de surf pour faciliter la réalisation de figures complexes. D’autres exemples fameux concernent le P2P, le Wifi, Wikipedia, … Plus modestement, un grossiste parisien en éléments de canalisation PCV a ainsi ouvert son business (principalement B2B) au marché des particuliers, en constatant que ceux-ci s’étaient donnés le mot pour venir acheter chez lui des éléments plastiques pour fabriquer des appareils de traitement de l’eau de mer pour aquarium marin. Il s’est donc lancé et a proposé des kits prêts à assembler de ces appareils, dont il a ensuite vendu des milliers d’exemplaires à travers le monde.
 
Internet, via les forums, les blogs et autres outils collaboratifs, permet aux communautés amateurs de partager leur créativité personnelle pour répondre à des besoins. Ces besoins peuvent être totalement nouveaux, ou résider dans la recherche du contournement d’une solution commerciale existante mais coûteuse, en la remplaçant par une solution artisanale économique, parfois ingénieuse. Les organisations se doivent de rester à l’écoute de ces communautés libres, voire de les encourager, afin de profiter de leur ingéniosité avant la concurrence.
 
L’innovation s’appuie généralement sur des informations existantes (expériences passées, études,…), qui déformées, adaptées, améliorées, donnent naissance à une idée nouvelle ou différente. 

Un exemple actuel et amusant d'innovation ascendante est liée aux possibilités de l'Iphone et en particulier aux détournements possibles de son interface tactile. Un groupe de musiciens technophiles (iBand) s'est ainsi formé pour créer de la musique uniquement en transformant des iPhones en guitards, boites à ryhtme et autres pianos ! Nous sommes à priori loin ici de l'utilisation initialement prévue pour cet appareil !




iBand a aussi pastiché une pub Apple : 



(via Gadgets & Le journal du Geek)

(1) GUILLAUD Hubert (2005), « De l’innovation ascendante », Internet Actu,

Par Fabrice Poiraud-Lambert
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Mercredi 20 février 2008
En échos à certains de mes propos déjà publiés ici (dont ma thèse), un court article des Echos (justement ;-) qui traite de l'innovation liée à l'intelligence collective issue de la collaboration, et à une rupture nécessaire dans les modes de pensée traidtionnels et habituels des organisations : 

http://www.lesechos.fr/management/actu/4687979.htm

Par Fabrice Poiraud-Lambert
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Dimanche 10 février 2008
Article intéressant proposé par InternetActu, décidément passionnant, sur le thème de l'innovation telle qu'elle est pratiquée par Google, et sur la possibilité de répliquer cette démarche dans d'autres organisations.
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Innovation
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Mercredi 31 octobre 2007
Nous l’avons vu dans la première partie, l’innovation est un besoin critique d’une majorité d’organisations, afin de préserver et/ou développer leur avantage concurrentiel.
 
Pour autant, innover ne consiste pas à se lever le matin avec pour objectif de trouver une bonne idée nouvelle ! Il s’agit d’une démarche volontaire, globale, qui doit être poussée par le management, et qui peut prendre du temps.
 
Dans la cartographie ci-dessous, j’ai mis la « Mobilisation » derrière « l’intelligence collective », mais j’aurais tout aussi bien pu la mettre derrière « Management », tant il s’agit de la responsabilité des Managers que de mobiliser les troupes :
 
 Innovation-light.jpg
 
Une autre responsabilité des managers consiste à prendre (idéalement) les bonnes décisions, ce qui implique d’avoir les bons critères de décision (la notion de « bonne décision » étant évidemment relative et liée à l’angle de vue, certains préférant prendre un décision, même mauvaise, plutôt que de ne rien faire).
 
Dans ce domaine, il est parfois frappant de constater que de nombreux managers sont entrés dans une sorte de routine, générée par l’expérience. Or, si l’expérience est souvent précieuse, elle se révèle aussi parfois handicapante, en particulier lorsqu’il s’agit de prendre des positions dans un contexte de plus en plus rapidement changeant. Des décisions qui auraient été sensées il y a 10 ans, sont parfois aujourd’hui choquantes ou contre-productives, parce que le contexte (politique, économique, social, technologique, environnemental, légal) à complètement changé.
 
Pourtant, il n’est pas rare de voir de nos jours des décideurs prendre ces positions sans tenir compte de ces changements de contexte, parfois simplement parce qu’ils n’en ont tout simplement pas connaissance ou conscience ! Et ces décisions peuvent impacter toute la dynamique d’innovation de l’organisation.
 
Ainsi, les décideurs qui ont une influence sur le mode de fonctionnement global d’une organisation, portent-ils une responsabilité particulière sur la dynamique des acteurs internes.
 
Prenons un exemple :
Imaginons que l’un de vos managers soit chargé d’acquérir une solution collaborative, afin de faciliter l’innovation dans votre organisation. L’objectif de la solution est donc entre autres, si je me réfère à la cartographie ci-dessus :
-         de partager, et de valoriser ce partage
-         de coordonner en temps réel
-         d’aplatir l’organigramme et de réduire la pression hiérarchique
-         de permettre de récompenser la participation (ce qui implique de la mesurer)
 
Nous avons maintenant plusieurs cas de figure :
 
1-     Notre manager a l’expérience des achats, mais ne sait pas exactement ce qu’est l’innovation, ni les concepts qui la sous-tende. Par ailleurs, son style personnel de management est plutôt de type paternaliste, avec une faible tendance à déléguer. Enfin, sa culture technologique est globalement faible.
 
Quels seront à votre avis ses critères de choix pour cette nouvelle solution ? :
o       la moins chère ?
o       un système avec Workflow de validation des publications à N niveaux ?
o       un système qui nécessite qu’une stricte sélection de Managers seulement soit autorisée à créer de nouveaux espaces de collaboration ?
o       un système qui favorise la re-facturation interne en fonction de l’usage de l’outil ?
 
2-     Imaginons maintenant que notre manager ait un profil tout autre : Tout aussi expérimenté, il est conscient des attentes des différentes générations de collaborateurs, grâce à l’observation de ses enfants par exemple, et il a une culture informatique raisonnable. Conscient des contraintes liées aux processus d’innovation, il a une tendance managériale naturelle à favoriser la prise d’initiative chez ses collaborateurs.
 
Pour le coup, ses critères de sélections peuvent être :
o       la solution la plus conviviale, simple et adoptable spontanément
o       la solution qui permettra à chacun d’interagir sans contrainte (RSS, alertes,…)
o       la solution la plus fonctionnelle (performances, possibilités,…)
o       celle qui favorisera l’utilisation via la valorisation des expertises
 
Dans cet exemple, le style naturel du décideur est important, mais ce qui peut aussi influencer la décision est la formation. Non pas la formation initiale du Manager, qui, bien que survalorisée en France, est aussi sujette à obsolescence, mais la formation continue.
 
Nombreuses sont les organisations qui forment leurs managers. Mon constat est cependant que la majorité des formations en Management sont relativement courtes (quelques jours) et peu efficaces : les quelques 5 à 10% qui sont retenus dans le meilleur des cas sont souvent peu appliqués en pratique, faute d’une imprégnation suffisante, qui ne résiste pas à l’inertie du quotidien vite retrouvé.
 
Ma suggestion : reformer le management tous les 7 ans, pour une « mise à jour » de fond de 15 à 20 jours (en continu ou répartis sur quelques mois à raison de plusieurs jours par mois) qui permettra :
-         de faire le point sur les fondamentaux
-         de permettre à tout le management de prendre du recul
-         de développer de nouveaux réflexes adaptés à un nouveau contexte
 
Quand je dis « reformer le management », j’y inclus tous les niveaux hiérarchiques : il est à mon sens dommageable que le management intermédiaire seul soit formé par exemple, car il ne pourra pas alors partager les concepts nouvellement appris et ses réflexion avec un management supérieur qui ne les comprendra pas nécessairement. Idem dans l’autre sens.

Par Fabrice Poiraud-Lambert
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Innovation
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Samedi 20 octobre 2007
Après la chasse aux surcoûts liée à l’explosion de la bulle Internet de 2001, l’innovation est devenue l’une des préoccupations stratégiques de nombreuses entreprises, afin de créer et maintenir les avantages concurrentiels de demain. Mais si le terme d’innovation a souvent été compris comme le résultat de la seule R&D (qui ne produit pourtant que 25% des innovations), l’un des processus d’innovation les plus productifs est probablement celui qui implique l’ensemble du personnel, et qui lui donne la motivation pour se lever le matin.
 
Selon AUCKENTHALLER & D’HUI (2003), « à ressources matérielles économiques et imaginatives équivalentes, la victoire ira aux entreprises dont les membres travaillent pour le plaisir, apprennent vite, tiennent leurs engagements, se respectent et se reconnaissent les uns les autres, passent et font passer plutôt que de contrôler des territoires de pouvoir ».
 
Dans chaque secteur, les entreprises se copient les unes les autres, lancent les mêmes produits en même temps ou presque (par exemple, Darty qui lance fin 2006 la « DartyBox », Nième bouquet de services internet), et adoptent souvent les mêmes règles de fonctionnement. Améliorer et faire vite ne suffit plus, il faut se différencier en faisant différemment.
 
D’après Françoise Conchon, directrice associée d’Insemma, institut d’étude marketing, l’un des cinq défis principaux de la grande distribution est celui de l’innovation : les consommateurs ne veulent plus d’innovation « cosmétique » vendues plus chères. Ils souhaitent maintenant de vraies révolutions.
 
L’industrie du petit électroménager renvoie un écho similaire, puisque l’innovation y est définie comme un enjeu majeur : 25% du marché est renouvelé chaque année, et 57% du chiffre d’affaires d’un magasin est réalisé sur des produits qui ont moins de deux ans.
 
En dehors de l’innovation générée par les organisations (ajout de fonctionnalités, la création de nouveaux concepts), il existe une autre forme d’innovation désignée sous le terme « d’innovation ascendante ». Cette forme d’innovation est liée aux « usages » personnels que les individus font des produits, usages qui tendent à améliorer le produit d’origine, voire à le détourner complètement pour en faire quelque chose d’autre, de nouveau ou de différent.
 
L’exemple souvent cité est celui du marché de la planche à voile, qui s’est fortement développé en s’ouvrant au grand public, grâce à une invention de jeunes surfeurs hawaïens, qui avaient bricolé des cale-pieds sur leur planche de surf pour faciliter la réalisation de figures complexes. D’autres exemples fameux concernent le SMS, le P2P, le Wifi, Wikipedia, … Plus modestement, un grossiste parisien en éléments de canalisation PCV a ainsi ouvert son business (principalement B2B) au marché des particuliers, en constatant que ceux-ci s’étaient donnés le mot pour venir acheter chez lui des éléments plastiques pour fabriquer des appareils de traitement de l’eau de mer pour aquarium marin. Il s’est donc lancé et a proposé des kits prêts à assembler de ces appareils, dont il a ensuite vendu des milliers d’exemplaires à travers le monde.
 
Internet, via les forums, les blogs et autres outils collaboratifs, permet aux communautés amateurs de partager leur créativité personnelle pour répondre à des besoins. Ces besoins peuvent être totalement nouveaux, ou résider dans la recherche du contournement d’une solution commerciale existante mais coûteuse, en la remplaçant par une solution artisanale économique, parfois ingénieuse. Les organisations se doivent de rester à l’écoute de ces communautés libres, voire de les encourager, afin de profiter de leur ingéniosité avant la concurrence.
 
L’innovation s’appuie généralement sur des informations existantes (expériences passées, études,…), qui déformées, adaptées, améliorées, donnent naissance à une idée nouvelle ou différente. La capacité intellectuelle à gérer l’information devient donc critique, surtout lorsque le savoir double tous les 7 ans, et que certains prévoient qu’il doublera tous les 72 jours en 2040 !
 
La mise en place d’un nouveau type de système d’information, adapté à cette gestion de la connaissance, devient donc critique, et cela se traduira aussi très probablement par la généralisation de l’apparition de communautés intra et inter entreprises, via l’intranetisation et l’extranetisation des systèmes d’information, afin de passer « d’une logique d’économie fondée sur l’accumulation de capital matériel vers une logique économique de production fondée sur l’accumulation collective de matière grise »
 
Selon le « Global CIO Survey 2007 » de Cap Gémini, les DSI considèrent que le nombre et la fréquence des changements vont continuer à augmenter, mais seuls 33% d’entre eux estiment être agiles, lorsque les autres (67%) disent subir ces évolutions. La mutation des DSI et des SI pour faire face aux besoins de l’innovation est donc un enjeu auquel il reste à faire face.
 
L’impact de la recherche de l’innovation sur les DSI n’est pas le seul : Innover nécessite aussi de mettre en place une nouvelle culture du management afin de réussir à impliquer l’ensemble du personnel dans un même effort.
 
En effet, la collectivité (quel que soit le domaine) a une tendance naturelle, et souvent inconsciente, à faire rentrer dans le rang les individus qui innovent, soit en imitant ce qu’ils font (banalisation de l’originalité), soit en les assimilant (dilution de l’impact de l’innovation), soit en en faisant un phénomène de mode (caricaturer l’originalité), voire en sacrifiant / éliminant les innovateurs (stratégie du bouc émissaire) afin qu’ils ne perturbent plus. Si l’innovation n’est pas reconnue comme une valeur clé, les collaborateurs innovants sont combattus par le groupe, consciemment ou non, à moins de réussir à essaimer en créant des réseaux de collaborateurs qui partagent les mêmes visions.

Voici une synthèse d'éléments permettant de déclencher et maintenir le processus d'innovation :
  
Innovation.jpg


Par Fabrice Poiraud-Lambert

Références :
  • GUILLAUD Hubert (2005), « De l’innovation ascendante », Internet Actu, http://www.internetactu.net/index.php?p=5995
  • GEGALD Nicole (2006), « Grande Conso, grandes mutations… », ESCP-EAP Mag N°112, décembre 2006
  • VUILLEMOT Valérie (2006), « Innovation et différenciation », ESCP-EAP Mag N°112, décembre 2006
  • AUCKENTHALLER & D’HUI (2003), L’innovation collective, Rueil Malmaison, Editions Liaisons
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Innovation
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