Par Fabrice Poiraud-Lambert
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(Suite de la première partie)
Les freins conceptuels
Peu ou mal connus, certains outils collaboratifs véhiculent des images ou des idées préconçues qui luttent contre leur adoption dans les organisations :
- « Outil collaboratif » = « simple partage de fichiers ou d’information ». La notion de « collaboration » étant souvent galvaudée et réduite à sa plus simple expression, la mesure de l’apport
des solutions collaboratives est souvent faussée et minimisée.
- L’aspect « grand public » de certains outils (Blogs et Wikis en particulier) les dévalorise aux yeux des directions générales, pour qui les outils collaboratifs ouverts tels les blogs et les
Wikis sont certes très attractifs et séduisants, mais qui considèrent (parfois à juste titre) que sans règle claire d’utilisation, les contenus peuvent devenir rapidement anarchiques et
incontrôlables, ce qui peut engendrer l’inverse de ce que l’entreprise recherche ([1]).
En France, la tendance est à privilégier le « Pourquoi » (conceptualisation), alors que les anglo-saxons privilégient le « Comment » (utilisation). Les organisations françaises ont donc une
tendance naturelle à essayer d’étudier les besoins puis de rechercher un outil ou un concept pour y répondre, là où les anglo-saxons adoptent plus rapidement les outils en cherchant plutôt
comment en tirer parti pour répondre à l’un de leurs besoins. La mise en œuvre de nouvelles solutions est donc souvent plus précautionneuse et lente en France.
Les freins organisationnels
Lorsque les collaborateurs sont potentiellement prêts à accepter les outils collaboratifs, il existe cependant des circonstances où leur déploiement pourrait se traduire par un (risque d’) échec
:
- BROWN (2002) déconseille l’utilisation d’outils collaboratifs pour gérer de grands projets de réorganisation lorsque ces outils ne sont pas déjà en place : changer l’organisation du travail en
même temps que l’outil informatique peut engendrer une forte réaction de rejet du projet. ([2])
- Le fait de laisser des collaborateurs agir en marge de l’organisation (ie de manière transverse alors que l’organisation est fortement hiérarchisée) peut être vécu comme un problème par le
management.
Par ailleurs, DOWNES & MUI (1998) ont créé la « Loi des bouleversements » (ou « Loi des retombées fracassantes ») comme étant la conjugaison des lois de Moore et de Metcalfe. Leur postulat
est qu’avec des performances qui doublent tous les 18 mois pour le même prix, et des réseaux (collaboratifs et sociaux par exemple) qui deviennent irrésistibles à partir d’une certaine taille,
les mutations technologiques accélèrent de manière exponentielle, alors que les mutations sociales, politiques et économiques n’arrivent que progressivement. La mise en oeuvre des dernières
technologies est donc confrontée à la difficulté pour les organisations de les appréhender et de les digérer (ie les mettre en œuvre) à la vitesse où elles apparaissent ([3]).

Illustration 17 : Le changement : des vitesses de propagation inégales
Selon DOWNES & MUI
Nous arrivons donc à des situations où les avancées technologiques, après avoir atteint le seuil critique de la loi de Metcalfe, se transforment en avancées sociales, économiques ou politiques,
parfois de force, ce qui explique aussi que les organisations soient d’une part en retard et d’autre part souvent en retrait par rapport aux avancées actuelles : il leur faut un temps
d’adaptation qui demande un effort, sous peine sinon d’être complètement ringardisées sans parfois s’en rendre compte.
Prenons quelques exemples :
- Le commerce électronique a considérablement modifié l’économie (pas seulement au travers de l’explosion de la « bulle »), en prenant au dépourvu l’Etat, les institutions et les organisations.
Il a fallu cadrer juridiquement son utilisation d’un coté, mais il a surtout fallu que toutes les organisations commerciales apprennent (parfois à leurs dépends) à reconsidérer complètement leurs
activités, ou leur chaîne de valeur, pour tenir compte de nouveaux entrants « virtuels » très agressifs sur les prix.
- si l’utilisation des blogs et des forums est encore peu courante en entreprise (à part certains pionniers sous haute surveillance), le monde politique s’en empare pour préparer la campagne
présidentielle de 2007 ([4]).
- La messagerie instantanée (Chat) est massivement utilisée à titre privé par les individus, particulièrement les plus jeunes. Si de nombreuses entreprises ont déployé des systèmes de messagerie
instantanée en interne, plus nombreuses sont celles qui ne l’ont pas fait… officiellement. Ce qui n’empêche pas les Chats officieux de se déployer, parfois totalement ignorés (et donc
incontrôlés) par les DSI.
Les freins managériaux
La conviction du management est un moteur ou un frein puissant : selon FILIPPONE (2005) « La vraie légitimité d'un projet intranet est donnée par la direction générale ; un taux de 100%
d'utilisateurs satisfaits ne suffit pas à assurer la pérennité d'un intranet. Dans le cas où la direction générale est convaincue, l'adhésion d'une moitié des utilisateurs suffit à adopter
l'outil » ([5]).
La société Knowings (2003), dans son enquête annuelle (« Vision des dirigeants en matière de KM »), révélait d’autres types de freins managériaux :
- La structure trop hiérarchique de l’entreprise, qui peut alors s’opposer à la mise en place de modes de communication transverses
- Le manque de formation et d’accompagnement, et son cortège de frustrations et freins à l’adoption
- La nécessité d’initier des changements de comportements importants : qui souhaite spontanément aider quelqu’un qu’il ne connaît pas dans l’entreprise, en lui donnant des connaissances
accumulées pendant des années et qui font la valeur d’une personne ? Selon LEVAN (2002), une solution consiste à payer les contributions des collaborateurs sur les outils collaboratifs. Mais
cette méthode peut être mal perçue dans certains pays, dont la France ([6]).
JOSSERAND & DE SAINT LEGER mentionnent des difficultés lorsque la création de communautés de pratiques se heurte à la volonté de l’entreprise de créer du concret directement utilisable. Le
management ne laisse pas toujours la liberté aux membres de la communauté d’échanger de manière floue, non cadrée (ce qui pourtant peut donner lieu à l’Innovation). Certains managers peuvent ne
pas accepter qu’une communauté ne produise pas du contenu directement visible (ie pas seulement au travers des projets de chacun) et valorisable. Ces managers peuvent associer une notion de
pouvoir ou de carrière personnelle à la « performance » de la communauté, ce qui nuit à l’essence même de la communauté ([7]).
Le « lâcher prise » du management, nécessaire au développement de l’utilisation des outils collaboratif, est un changement de culture qui ne peut pas se faire simplement, sans accompagnement
auprès de managers habitués et payés de longue date à tout garder sous contrôle.
Enfin, les objectifs des collaborateurs sont généralement exclusivement centrés sur l’individu et non sur la collectivité, ce qui lutte contre la logique de certaines solutions et de certains
concepts.
Les freins stratégiques
Même lorsque l’envie est là, le management est forcé de se poser certaines questions concernant :
- Les coûts d’achat (parfois très élevés chez certains fournisseurs) et d’implémentation des solutions collaboratives, en particulier dans des organisations de grandes tailles, fortement
décentralisées.
- Un retour sur investissement (ROI) non clairement évaluable, en particulier lorsque l’organisation n’a aucune expérience de l’utilisation des solutions collaboratives et de leurs apports
réels.
- La tentation de la protection de l’avantage concurrentiel : plus l’information est disponible, et plus la concurrence peut se l’approprier rapidement ([8]).
Les freins techniques
En supposant que tous les freins précédemment décrits aient été balayés, il reste encore à étudier la partie technique des solutions :
- La présence de serveurs de fichiers, solution maîtrisée par tous les collaborateurs, est probablement un frein technique parmi les plus importants : tant que les serveurs de fichiers
existeront, les utilisateurs continueront à les préférer aux autres solutions de partage de documents, car leur usage n’implique aucune remise en cause, malgré les défauts avérés.
- La complexité de certaines interfaces. Si les services informatiques expliquent souvent la non utilisation des outils collaboratifs en raison du besoin en accompagnement associé, IDC souligne
que si des millions de personnes ont adopté d’autres outils que la messagerie (la messagerie instantanée, les blogs), il y a probablement une raison liée à la facilité d’utilisation de ces outils
et à leur valeur ajoutée évidente ([9]). Les outils mal adaptés au besoin de l’organisation pourront occasionner des pertes de temps importantes.
- Le non équipement ou l’incompatibilité de l’équipement de certains collaborateurs est aussi un frein technique important, autant que financier, organisationnel ou managérial.
- Les risques de sécurité induits par la mise en œuvre de solutions communicantes dont les flux ne sont pas contrôlés par les systèmes de protection de l’organisation (anti-virus, anti-spam,
anti-intrusion,…).
- Les systèmes de sécurité des organisations pénalisent aussi souvent le déploiement de certaines solutions Internet, faute de pouvoir passer au travers.

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[1] BALMISSE Gilles (2005), Guide des outils du Knowledge Management – Panorama, choix et mise en œuvre, Paris, Vuibert, p. 290
[2] Brown Stephen (2002), « Pour tous les processus séquentiels, les outils collaboratifs ont un avenir, pour le reste… », JDN Solutions.com
[3] DOWNES Larry, MUI Chunka (1998), L’innovation irrésistible, Paris, Village Mondial, p.46-50
[4] ex : http://www.desirsdavenir.org, le site de campagne de Ségolène
Royale, ou http://blog-ump.typepad.fr/blog/, le blog de campagne de
Nicolas Sarkozy
[5] FILIPPONE Dominique (2005) « Comment promouvoir son intranet auprès de la direction générale et des utilisateurs ? », JDN Solutions.com
[6] SIX Nicolas (2002), «Bouleverser les habitudes, ou y coller au plus près ?», JDN solutions.com, http://www.journaldunet.com/solutions/0210/021028_2colla.shtml
[7] JOSSERAND Emmanuel & DE SAINT LEGER Bertrand (2004), « Les difficultés pratiques des communautés de pratique », AIMS, www.strategie-aims.com
[8] FRERY Frédéric, WHITTINGTON Richard, SCHOLES Kevan, JOHNSON Gery (2005), Stratégique, Paris, Pearson Education, p.550
[9] LEVITT Mark & MAHOWALD Robert (2002), « There Should be More to Collaboration than Email », IDC & GROOVE NETWORKS, p.7
Par Fabrice Poiraud-Lambert
Les opportunités pour l’utilisation des outils collaboratifs sont nombreuses, et les gains associés souvent importants. Les organisations iront cependant plus
volontiers vers ces solutions en fonction de leur métier, de leur culture, de leur secteur d’activité (industrie, service,…), de leur taille, de leur organisation géographique, et de leur
maturité technologique.
Paradoxalement, même le fait que l’organisation dispose d’outils collaboratifs ne signifie pas nécessairement qu’elle les utilise pleinement, mais simplement que certains utilisateurs ou groupes
d’utilisateurs sont plus avancés que d’autres.
Ce sont les freins à l’utilisation de ces solutions collaboratives que nous allons essayer d’analyser maintenant :
Les freins comportementaux & psychologiques
La première famille de freins que l’on peut identifier est probablement d’ordre comportementale et/ou psychologique. En effet, il est particulièrement important que les utilisateurs soient
ouverts à ce type d’outils, par curiosité ou parce qu’ils en ont compris l’intérêt, faute de quoi la mise en place de ce type de solution se soldera par un échec.
La non motivation envers ces solutions électroniques peut s’expliquer par l’un ou plusieurs des points suivants (parfois combinés) :
Des réactions viscérales et souvent inconscientes :
- Des habitudes que l’on ne souhaite pas changer (la peur du changement), et une réaction en relation avec l’effort que nécessite l’adoption et l’utilisation de certains
outils.
- Le « manque de temps », souvent invoqué pour masquer une réticence ou la peur de l’inconnu
- Le coté « froid » des outils électroniques, et en particulier des outils de Workflow, qui peuvent être vécus comme des outils policiers.
- La communication non verbale et le fait que les hommes ne communiquent pas qu’avec des mots (1) : de nombreux collaborateurs ont un besoin physique
d’interaction directe avec leur(s) interlocuteur(s), afin de pouvoir interpréter leur communication non verbale.
De l’hostilité raisonnée
:
- Le fait ne pas avoir envie de faire d’effort : la majorité des collaborateurs préfère le téléphone à la recherche dans du contenu en ligne.
- Une crainte liée à la persistance de ce que l’on écrit, à l’usage potentiel que les autres peuvent en faire pour vous nuire, en particulier dans le cas de
certains outils de partage de connaissance (wiki, forums,…). Le fait d’être publiquement identifié en tant qu’auteur, sous sa vraie identité, peut freiner fortement la participation. Par exemple,
il est difficile pour un manager d’exprimer publiquement ses difficultés en management de collaborateurs sur un forum RH interne à l’entreprise, surtout s’il craint de perdre la face vis-à-vis de
sa hiérarchie, de ses collègues ou de ses collaborateurs.
-Les « agendas secrets » que l’on ne souhaite pas mettre dans les agendas partagés (car inavouables). Ceci limite l’utilisation des agendas partagés. BROWN (2002) précise que l’utilisation
d’outils collaboratifs peut être vécue comme une gêne ou un frein dans certains cas, en rendant les actions trop transparentes ou structurées, ce qui constitue le pendant de la rationalisation.
Il mentionne ainsi pour l’exemple le cas des agendas partagés chez KPMG, qui limitent les déplacements privés des consultants lors de leurs voyages à l’étranger ([2]).
Les luttes de pouvoir s'appuient sur les compétences et les connaissances de chacun. Partager ces informations peut être vécu comment inacceptable car
contre-productif pour l'attente des objectifs personnels (secrets). Les projets de mise en place d'outils collaboratifs peuvent se heurter particulièrement brutalement à ce type d'enjeux
cachés.
Les outils collaboratifs favorisent les populations qui s’adapteront le plus facilement et rapidement à la publication d’information, ce qui peut créer un déploiement à deux vitesses dans
l’entreprise ([3]) et la frustration de certains collaborateurs qui se sentent mis en situation d’infériorité.
Selon BROWN (2002) l’utilisation des outils collaboratifs ne constitue pas une bonne approche lorsqu’il s’agit de définir la stratégie de haut niveau de l’entreprise, d’un produit ou d’un service
: il vaut alors nettement mieux laisser les décideurs se mettre d’accord pendant une réunion (souvent agitée), qui verra une tendance l’emporter, au risque sinon de prendre énormément de temps
pour arriver à une décision, luxe que ne peuvent pas se permettre les entreprises. Alors seulement, l’utilisation d’une sélection d’outils permettra d’accélérer les projets qui découlent de la
stratégie ([4]).
Dans ce contexte, les outils collaboratifs peuvent réduire la communication interpersonnelle directe, mais pas remplacer les réunions physiques, qui resteront un point de passage obligé dans de
nombreux cas.
L’utilisation des outils collaboratifs reste liée à la loi de Metcalfe, qui stipule que « l’utilité d’un réseau croit avec le carré du nombre de ses utilisateurs » (utilité = k *
n2, où k est un coefficient multiplicateur et n le nombre d’utilisateurs), ce qui se décline, dans notre contexte, par le fait que les outils collaboratifs ne sont viables et utiles que
si un nombre suffisant (seuil critique) d’acteurs les utilisent. Au delà de ce seuil, les non-utilisateurs se rallient naturellement, quelles que soient les réticences antérieures, et rendent
l’utilisation des outils incontournable ou simplement pérenne dans le temps.

Illustration : Loi de Metcalfe[5]
Prenons le cas de la dématérialisation de formulaires internes à une organisation (demandes de services transverses, tels les achats, le support informatique, les demandes de voyages, les
remboursements de frais, etc…) : si un seul service de l’organisation utilise des formulaires dématérialisés, c’est un pionnier, mais les utilisateurs doivent s’habituer à ce mode de
fonctionnement innovant et surtout particulier :
- le service doit communiquer souvent sur la manière de s’adresser à lui (les utilisateurs ayant une tendance naturelle à utiliser les anciennes méthodes : email, formulaire papier, demandes
orales informelles,…)
- les utilisateurs doivent faire un effort pour se souvenir comment faire appel au service concerné. Ils peuvent y trouver leur compte et y adhérer, ou au contraire refuser le système.
Si vous avez réussi à convaincre plus de la moitié des services centraux d’une organisation d’utiliser les processus dématérialisés en ligne, vous avez potentiellement dépassé le seuil critique
d’adoption :
les utilisateurs savent maintenant globalement où trouver les formulaires électroniques les autres services centraux ne devraient pas tarder à s’associer à la tendance majoritaire, renforçant
ainsi l’utilité de l’intranet.
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[1] Albert Mehrabian, http://en.wikipedia.org/wiki/Albert_Mehrabian
[2] Brown Stephen (2002), « Pour tous les processus sequentiels, les outils collaboratifs ont un avenir, pour le reste… », JDN Solutions.com
[3] FILIPPONE Dominique (2005), « Wikis et Blogs : le renouveau des outils de groupware ? », JDN Solutions.com
[4] Brown Stephen (2002), « Pour tous les processus sequentiels, les outils collaboratifs ont un avenir, pour le reste… », JDN Solutions.com
[5]Schéma adapté de DELACROIX Jérome, "Technologies de réseaux : le carré magique de Metcalfe",http://www.visionarymarketing.com/articles/infocop.html
Par Fabrice Poiraud-Lambert


J’aime bien le dernier paragraphe de la réflexion de Jon qui amène la notion de sociologie organisationnelle
et qui lie KM et 2.0 aux changements fondamentaux à survenir au cours des
prochaines années au sein des entreprises, 2.0 ou pas. Des changements que j’ai associés dans mon billet précédent à l’arrivée des nouvelles générations 2.0 et 3D (la génération Y et la NetGen).
À ce sujet, Éric Blot
se demandait en commentaire :
«Mais pour que les générations 2.0 et 3D imposent une nouvelle façon de se comporter dans l’entreprise, ne devons nous pas attendre qu’ils vieillissent un peu eux aussi et prennent véritablement les commandes des postes clés de nos entreprises ?»
À cette interrogation, je réponds par la négative. Comme le dit Jon, ils vont profondément marquer la sociologie organisationnelle au cours des 5 à 10 prochaines années. Les services RH appréhendent un choc culturel et générationnel et sont présentement avides de solutions pour contrer ce phénomène. La vague, que dis-je, le Tsunami de départs à la retraite d’ici 2014 et le renouvellement de cette main d’oeuvre va forcer la hiérarchie traditionnelle à s’adapter. Le changement de paradigme est là ! Avant, quand la vague du BabyBoom a investi les entreprises, hommes et femmes ont adhéré au modèle hiérarchique traditionnel. Comme le disait un manager français à qui j’en ai déjà parlé : «Donnez-leur an an et vous verrez, ils auront intégré le moule.» Tu peux bien manifester et avoir les cheveux longs à l’école mais au bureau c’est complet-cravate et cheveux courts. Tu commences en bas de l’échelle, tu te bâtis une carrière, tu accumules l’information et les contacts et tu gravis les échelons de la hiérarchie en partageant le moins possible parce que l’information, c’est le pouvoir.
Ce modèle traditionnel basé sur la compétition interne est présentement mis à mal par les «petits nouveaux» de la génération Y. Ces derniers se foutent bien de la «culture d’entreprise». Ils sont mobiles et veulent non seulement une qualité de vie mais aussi une qualité de travail. Un travail basé sur autre chose que la compétition et le semaine officieuse de 70 heures. C’est pour cette raison que j’avais conclu qu’ils allaient imposer à l’entreprise leurs valeurs, leur mode de vie, leur façon de voir le travail, leur façon de collaborer et leurs outils pour le faire.
Et que je disais que la vieille hiérarchie n’a qu’à bien se tenir car une autre et à la veille de naître et Jon Husband en parle depuis déjà
quelques années : la Wirearchy
. Une relation à l’autorité beaucoup plus inclusive, moins
autoritaire, plus participative et non directive. Une entreprise plus horizontale que verticale et branchée non seulement sur les technologies mais sur la créativité de ce que l’on appelle encore
aujourd’hui et de façon très 1.0, son «capital humain»."
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