Lundi 27 octobre 2008
J'ai été invité récemment, par l'Institut Cohérence (fondée par le chercheur Roger Nifle) et l'Université de Prospective Humaine, à une journée de conférence-débat dédiée à la présentation d'un nouveau concept de Roger Nifle : la Socio-Performance.

Comme le dit lui-même son concepteur, le terme est nouveau, mais il recouvre un ensemble de principes qui existaient déjà. Reste que le concept est  intéressant, en particulier pour ce qui m'intéresse ici (mais aussi pour pas mal d'autres cas), pour faciliter l'accompagnement de la mise en place de communautés via les réseaux sociaux d'entreprise.

En effet, si l'on trouve facilement sur Internet des explications sur les avantages de l'Entreprise 2.0 et des outils et solutions associées, les modalités de mise en œuvre restent plus évasives :

- elles sont souvent complexes,
- spécifiques à chaque organisation en fonction de sa maturité et de sa culture interne,
- et relèvent du savoir faire et de l'expertise (payante) des consultants qui traitent du sujet, ce qui est de bonne guerre.


Un peu de théorie : La Socio-Performance, c'est quoi ?

Je vais essayer ici de faire une synthèse de ce que j'ai retenu de ce principe issue de la recherche fondamentale en sociologie et en humanisme. Son inventeur me pardonnera (voire me corrigera) j'espère pour les approximations que je pourrais être amené à faire.

Selon Roger Nifle :

Les communautés humaines sont nécessairement des communautés de Sens (avec un S majuscule pour désigner LE sens des choses, des actions que l'on mène, etc...). Ceci implique que si l'on essaye de regrouper des humains qui ne partagent pas la même vision du Sens de ce qu'ils font, ils ne constitueront jamais une Communauté, seulement un groupe (avec tout ce que cela implique en dysfonctionnements).

- Le consensus est la source d'énergie des activités humaines : par exemple, dans un contexte de fusion-acquisition, si le Sens et les consensus ne sont pas les mêmes chez les deux parties, le processus de fusion sera beaucoup plus long et douloureux. Cela à l'air d'être du bon sens, mais combien d'organisations se sont-elles lancées dans une fusion sans prêter beaucoup d'attention à ce sujet ?

- La Raison n'est rien sans Sens : l'idée est ici de dire qu'il ne sert à rien de mettre en place des processus très rationnels, s'ils ne sont pas portés par un Sens : ils en deviennent inutiles et potentiellement contre-productifs. On pourrait extrapoler en disant que mettre en place un projet très bien structuré et organisé sans se poser la question de son Sens (ce que j'aime à appeler Vision) peut entraîner des coûts inutiles et de l'inefficacité. Le Sens crée un lien entre le court terme, le moyen terme et le long terme.

- L'absence de Sens est souvent remplacée par une surcharge de représentations : Lois, Discours, Normes, Modèles,....

- Si tout le monde partage le même Sens, alors la poursuite des intérêts individuels conduit au bien commun. Par exemple, si tout le monde partage l'absolue nécessité de sauvegarder l'environnement pour éviter une catastrophe écologique qui remettrait sa propre survie en cause, alors tout le monde, en agissant pour soi agit pour le bien commun.

=> Une communauté sera donc dite Socio-performante lorsqu'elle ira dans le sens du bien commun.

- La Valeur est une indication du Sens du bien commun, sachant que le Sens du bien commun peut être décrit par un ensemble de Valeurs. Roger Nifle ajoute ici qu'il existe diverses définition de la Valeur, et que toutes ne sont pas cohérentes avec celle qu'il utilise ici.

- La Valeur a trois dimensions :

- Subjective : tout ce qui traite des motivations. On parlera alors Des Valeurs, par exemple Les Valeurs de l'organisation)
- Projective : ce qui se traduit par... On parlera donc d'Echelle de Valeurs
- Objective : mesure par rapport à l'Objectif. On parlera ici de LA Valeur.



- Si le « bien commun » peut se discuter et se négocier, le « Sens du bien commun » pré-existe et ne se négocie pas.


L'implication de ce concept pour la mise en place de réseaux sociaux en entreprise

Dans tout ce que contient le concept d'Entreprise 2.0, j'ai choisi de ne mentionner  ici que les réseaux sociaux d'entreprise, car il me semble qu'ils sont victimes de freins et de préjugés plus lourds à contourner que le reste, et surtout qu'ils nécessitent la mise en œuvre de dynamiques humaines plus complexes.

Parmi toutes les opportunités offertes par les réseaux sociaux, ils peuvent permettre de structurer factuellement des communautés et des ensembles de valeurs inconnus de l'entreprise. Certains s'étonneront peut-être que je puisse suggérer que l'Entreprise puisse avoir besoin de solution de ce type pour identifier ses Valeurs, pourtant, il n'est pas rare (et c'est d'ailleurs autant surprenant que choquant) de voir des organisations afficher des Valeurs totalement artificielles (voire, pire, qui n'en sont pas...), dans lesquelles aucun collaborateur (ni communauté) ne se retrouve.

Discuter des impacts de ce type de situation sur la performance de l'entreprise n'est pas ici le sujet et mériterait un billet à part, mais nous pouvons cependant en dire quelques mots : L'Entreprise a ses Valeurs (identifiées ou pas). Paradoxalement, les collaborateurs sont parfois évalués individuellement par rapport à un système de valeurs différent de celui de l'entreprise, et différent de celui de sa communauté (probablement encore plus ignoré que celui de l'Entreprise). Pour assurer l'alignement des collaborateurs et la performance de l'organisation, le système de valeur de l'Entreprise doit donc être consciemment décliné sur les communautés qui composent l'entreprise, puis sur les collaborateurs. Ignorer les valeurs des uns ou des autres ne peut être que néfaste.

Il est donc crucial de toujours identifier la communauté de référence impactée par l'action que l'on mène, afin d'identifier le Sens du bien commun de cette communauté, ce qui permet de préciser l'ensemble des Valeurs à prendre en compte, pour ne pas les heurter (ce qui se traduirait au mieux pas un désintérêt, au pire par un conflit ou un refus). Ceci signifie que la mise en place d'un projet, quel qu'il soit, nécessite d'identifier la communauté principale à laquelle il s'adresse (ce qui peut ne pas toujours être simple).

Comme le dit Roger Nifle, on peut « dissoudre » les problèmes, les oppositions, simplement en identifiant le Sens du bien commun et les Valeurs des communautés auxquelles ont s'adresse. Si une communauté adhère à un projet qui va dans son Sens et qui respect ses Valeurs, les opposants individuels, si puissants soient-ils, ne pourront que s'incliner.

Au passage, la tendance à la décentralisation et au télétravail va nécessiter, plus que jamais, de donner du Sens aux actions de l'organisation, à celles des communautés, et donc à celles des collaborateurs distants.

Et Roger Nifle de reprendre l'allégorie des trois tailleurs de pierre à qui l'on demande ce qu'ils font :

- « Je taille des pierres » dit le premier
- « Je construis un mur » dit le deuxième
- « Je fabrique une cathédrale » dit le troisième

Tout est affaire de Sens et de Vision.


Par Fabrice Poiraud-Lambert


Lire aussi :

- Réseaux sociaux d'entreprise : pourquoi (pas) et comment
- Roger Nifle :
« La socio-performance  - Principes et méthodes »

par Tecoman publié dans : Réseaux sociaux
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Dimanche 26 octobre 2008
Selon une étude publiée hier par Nielsen Online, montre que les réseaux sociaux ont fortement progressé entre 2007 et 2008 aux USA, avec des pointes à plus de 340% de progression par exemple pour Twitter.

Il faut prendre ces données avec recul, car certains partent de loin et il leur est donc facile d'afficher des progressions spectaculaires en pourcentage. Cependant, cela montre tout de même que ces solutions sont sur une pente accendante, et, comme le précise Nielsen Online, il y a encore de la place pour de nouveaux acteurs : le marché est probablement loin d'être mature.


Par Fabrice Poiraud-Lambert

Lire aussi :
-
Réseaux sociaux d'entreprise : pourquoi (pas) et comment
-
De l'utilité des réseaux sociaux en entreprise
par Tecoman publié dans : Réseaux sociaux
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Vendredi 24 octobre 2008
Google a annoncé avant-hier avoir dépassé le million de "Google sites", et pour fêter cela, ils ont lancé la solution en 37 langues :
Bulgarian, Catalan, Chinese (Simplified), Chinese (Traditional), Croatian, Czech, Danish, Dutch, English, English (UK), Filipino, Finnish, French, German, Greek, Hindi, Hungarian, Indonesian, Italian, Japanese, Korean, Latvian, Lithuanian, Norwegian, Polish, Portuguese (Brazil), Portuguese (Portugal), Romanian, Russian, Serbian, Slovak, Slovenian, Spanish, Swedish, Thai, Turkish, Ukrainian, Vietnamese
par Tecoman publié dans : Outils
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Vendredi 24 octobre 2008
Les réseaux sociaux sont de plus en plus présents à titre privé avec notamment le développement rapide en France de Facebook ou Viadeo . Ils laissent cependant l'entreprise perplexe sur leur utilité professionnelle pour les collaborateurs, et leur ROI.


Une forte résistance au changement:

 

Si 66% des entreprises pensent que les réseaux sociaux sont l'avenir de la collaboration, seules 7% en ont intégré un, et 20% ont une stratégie pour en adopter un.

Les principaux arguments contre sont généralement :
- "C'est une perte de temps"
- "Cela ne fait pas avancer le business"
- "C'est l'inverse de la manière dont nous travaillons, donc c'est opposé, donc c'est dangereux donc j'ai peur » (B. Duperrin)

Voici donc une synthèse de l'intérêt qu'ils suscitent et des opportunités qu'ils offrent cependant.


 

Un réseau social : à quoi ça sert en entreprise ?

 

Pour expliquer pourquoi il est aujourd'hui utile de mettre en place un ou plusieurs réseaux sociaux en entreprise, listons quelques avantages à le faire :

Pour la communication interne :

- Offre un outil de communication Many-to-Many peu intrusif

- Permet une communication ciblée sur des communautés

- Rend la communication instantanée et traçable, plus efficacement que d'autres outils (ex : email) 

- Recentre les utilisateurs sur l'Intranet : plutôt que de chercher de l'information ailleurs, ils se rendent naturellement sur l'intranet pour la trouver



Pour la gestion du capital humain :

- Permet l'identification des experts, via la mise en relief des contributions de chacun (sujets, quantité, qualité)

- Accroît la motivation et l'engagement des collaborateurs, qui trouvent dans le réseau social le moyen de s'exprimer, d'être valorisés par la communauté, de faire passer des messages, de tisser des liens, de rompre les barrières et les silos

- Renforce les liens entre individus, et entre les individus et l'organisation

- Favorise le dialogue, ce qui a des effets bénéfiques sur l'adhésion et la motivation,

- Reconnaît les apports de chacun en favorisant la motivation et l'implication

- Lutte contre le sentiment de solitude et d'isolement (éléments récurrents dans tout ce qui touche à la souffrance professionnelle), en particulier chez les collaborateurs distants.

- Complète la hiérarchie sans la remplacer : « Si la décision est le fait d'une personne (ou d'un groupe restreint), son processus peut être largement collectif. J'entend par là faire participer le plus grand nombre à la réflexion qui précède la décision. La variété des points de vues et des analyses ne peut que donner une plus grande matière à la réflexion du décideur, et ainsi l'amener à concevoir la meilleure décision, reposant sur l'assise la plus large, la plus cohérente, la moins contestable. A l'extrême le décideur peut même opter pour une position qu'il n'imaginait pas etre possible ou exister a priori. » « L'entreprise a plat est un mode de travail, l'entreprise verticale hiérarchisée est un mode de décision. Les deux doivent cohabiter. »  (Bertrand Duperrin)


Pour la gestion de la connaissance :

- Transforme la connaissance implicite en connaissance explicite, et permet à toute l'organisation de la partager

- Raccroche le contenu à un humain : on fait plus confiance à une personne qu'à une machine

- Donne un accès à ce que des personnes de confiance pensent, sachant les études montrent que les collaborateurs ne considèrent pas les dirigeants comme des « personnes de confiance » que l'on peut croire aveuglément. Comprenez par là que les dirigeants poursuivent leurs propres objectifs, qui les amènent parfois à manipuler / contrôler leur communication, ce qui ne leur attire pas toujours la confiance aveugle des collaborateurs, qui se tournent alors vers des leaders d'opinion ou des experts, internes ou externes.


Pour optimiser les processus et développer des avantages concurrentiels :

- Réduit les délais de conception : Dassault a ainsi réduit ses délais de conception de 20 à 8 J, via la réutilisation de livrables.

- Stimule l'innovation et la créativité. En effet, produire nécessite toutes sortes d'activités supportées par les réseaux sociaux professionnels :

- faire des recherches
- discuter avec des collègues, des amis, des experts, via:

- le face à face
- le téléphone
- le Mail
- le chat
- des blogs
- des micro-blogs
- des forums

- compiler ses réflexions
- partager le résultat avec ses collègues, ses amis, des experts


 

Un exemple pratique où le ROI des réseaux sociaux professionnels est rapide : L'amélioration de la performance des commerciaux

 

La population des commerciaux se caractérise par :

- Un fort turn-over & des coûts élevés de recrutement et de  remplacement
- Une dispersion forte sur le terrain
- Selon certaines études, 87% du CA serait réalisé par 13% des commerciaux
- La conversation est le moteur du commercial

Le réseau social permet ici de :

- Créer un réseau des acteurs commerciaux
- Faciliter le partage des idées et des bonnes pratiques
- Accéder rapidement aux experts
- Augmenter la performance en augmentant la motivation et l'engagement
- Réduire le formalisme
- En valorisant l'expertise
- En générant de la reconnaissance
- Simplifier les outils des commercaux :

- Les commerciaux n'aiment pas la formation
- Les commerciaux n'aiment pas les outils compliqués
=> Les réseaux sociaux se propagent de manière virale


 

Pourquoi utiliser les réseaux sociaux officiellement en entreprise ?

 

Pour des raisons sociologiques et culturelles :

- 96% de la génération Y appartient à un réseau social

- Ils ont en moyenne 53 "amis" en ligne
- Ils accordent de l'importance à ce que leurs amis pensent

- 60% des américains interagissent avec des marques via des réseaux sociaux 

-  Début 2008, 90% des canadiens de 18 à 34 ans avaient un compte FaceBook  (le score est probablement plus haut aujourd'hui)  

- Les collaborateurs attendent de l'entreprise de pouvoir y utiliser les outils dont ils disposent à titre personnel. 39% des européens de 18-24 ans songeraient à quitter l'entreprise si ces moyens ne leur étaient pas donnés

- En Sept-Oct 2007, 50% des anglais entre 8 et 24 ans avaient déclarés un profil sur au moins un réseau social (chiffre forcément plus haut actuellement). 39% en utilisaient au moins 2.


Pour des raisons organisationnelles

- La structure en réseau des organisations implique que la connaissance est fortement éclatée et répartie.

- Structurée autour de principes de communication descendante, l'entreprise se retrouve parfois dépourvue face aux nouvelles contraintes de communication transverse :

- La complexité des organisations ne permet plus de répondre aux attentes des clients suffisamment rapidement

- Les cas clients s'éloignent de plus en plus d'une réponse industrialisée initiale, et nécessitent des réponses personnalisées.

=> La valeur ajoutée du collaborateur est dans la gestion des exceptions, de plus en plus nombreuses.

=> Le fonctionnement en réseau des collaborateurs devient une nécessité sous peine de voir l'entreprise imploser sous de nouvelles contraintes qu'elle ne saurait pas gérer.

- "Parce que la hiérarchie est une chaine de commandement et de responsabilité mais ne traduit ni ne définit en aucun cas la manière dont les individus travaillent effectivement" (B. Duperrin)


Pour d'autres raisons

-  Les collaborateurs privés de solutions DANS l'entreprise finissent par gérer leurs réseaux HORS de l'entreprise, dans un contexte où l'organisation n'a plus la main pour :

- contrôler l'information diffusée
- profiter pleinement de la valeur générée par ces pratiques
- contrôler les accès et les risques associés

 => BT a ainsi découvert que 4000 de ses collaborateurs avaient adhéré à un groupe Facebook "BT" !  D'autres organisations ne savent pas encore qu'un tiers de leurs collaborateurs sont sur facebook et/ou sur Viadeo...

- Pour créer des environnements centrés sur l'individu et non sur les appareils ou processus


 

Comment réussir la mise en place d'un réseau social :

 

- Les utilisateurs doivent y trouver un intérêt personnel. Au passage, un intérêt purement « loisir » au début permettra aux collaborateurs de se familiariser avec l'outil, avant de se lancer dans la création de réseaux à but purement business. Il ne faut pas craindre de débordement (l'utilisateur sait qu'il est identifié), mais au contraire que les collaborateurs ne participent pas (idem : l'utilisateur sait qu'il est identifié). Dans ce contexte, tout est bon pour le motiver à utiliser l'outil, même si ses premiers pas sont plus simples dans un domaine ludique non directement productif. L'organisation doit donc faire confiance et lâcher prise, et doit même accompagner dynamiquement le changement en communiquant sur la légitimité des collaborateurs à utiliser ces solutions. Mais nous entrons ici dans le domaine de la gestion du changement, qui nécessiterait un billet en lui-même.

- Le pilotage ne doit idéalement pas être Top-Down.

- Le réseau ne doit pas être cloisonné verticalement

- La propagation doit être virale, de préférence à une communication top-down.

- Les membres doivent être cooptés : les membres ne seront pas intégrés par défaut en fonction de l'organigramme, car ils seraient moins motivés et utiles, mais en fonction de leur envie d'en faire partie.

- La base doit être capable de créer les réseaux dont elle éprouve le besoin indépendamment des problématiques identifiées par le Management : De cette liberté naitra l'innovation et des réseaux non identifiables sinon, pour le plus grand profil de l'organisation.

- Le réseau doit être piloté par une personne dédiée ayant le recul, la vision panoramique et le leadership adéquat

- Le fonctionnement et la performance du réseau social  doit être mesurable factuellement (nombre de réseaux, nombre de contributions par périodes, nombre de membres par réseau, nombre de contributions par auteur, thèmes abordés (tags), nombre de commentaires (par contenu, par auteur, par période, etc...), etc.

- "éviter de mettre des individus en réseau à marche forcée alors que l'objectif est d'organiser le partage des savoirs. En fait non : la réutilisation des savoirs (le partage n'étant qu'un moyen, seule la réutilisation créant de la valeur). En cassant ainsi le lien entre l'action (mise en réseau) et le but (création de valeur) on ne fait rien pour favoriser la première, rendre possible la seconde et enfin aligner les modes d'évaluation et de rémunération sur ce qui compte vraiment." (B. Duperrin)


 

Un exemple de mise en application : SABRE (9000 collaborateurs)

 

 - 65% des collaborateurs sont devenus actifs en mois de 3 mois

 - 90% sont actifs aujourd'hui
(Source : "The power of Intranet 2.0" : http://intranetblog.blogware.com/blog/CaseStudies)

Par contre, l'information publiée par le blog ci-dessus ne permet pas de savoir dans le détail ce qui a été mis en oeuvre pour obtenir une telle adhésion, ni si la culture de l'entreprise à dû être modifiée pour ce faire.

 

En conclusion

 

Les réseaux sociaux constituent l'un des piliers de la culture de la génération Y, et attirent à titre privé une large proportion des collaborateurs des organisations. Lutter contre en entreprise ne sert qu'à reculer l'échéance, et surtout à perdre des opportunités issues de l'exploration des outils modernes adoptés par des centaines de millions d'individus (130 millions dans Facebook).

Si déployer un réseau social peut se révéler profitable, il s'agit d'une révolution (probablement inéluctable) pour l'organisation, car cela aura de nombreux impacts sur les relations internes, le fonctionnement, les processus, la créativité, l'innovation, la communication interne, la hiérarchie,...

Pour déployer une telle solution, il ne suffit donc pas de déployer un outil. Il est absolument nécessaire d'envisager cela comme un projet de transformation à accompagner depuis le haut de l'organisation, avec une gestion du changement nécessaire. Certes, sur le terrain, la situation ne le permet pas toujours. On pourra alors identifier un besoin particulièrement important, qui permettra de tester le concept sur une population ayant une taille critique, qui servira de pilote.

Et vous, vous en êtes où sur ce sujet ?


Par Fabrice Poiraud-Lambert


Lire aussi :

- De l'utilité des réseaux sociaux en entreprise
- L'Entreprise 2.0 : comment tirer profit des réseaux sociaux professionnels ? | blueKiwi Enterprise Social software
- Map of Social Networks Popularity Around The World Timeline | the Oxyweb Blog
- Les entreprises sont encore réticentes aux réseaux sociaux
- Harnessing the power of informal employee networks - The McKinsey Quarterly - informal employee networks - Organization - Strategic Organization
- La Serendipité n’exclut pas le contrôle : ou quelques règles pour contrôler le hasard dans les réseaux informels | Bloc Note de Bertrand DUPERRIN
- Les outils sociaux sont des outils avant tout ! | Bloc Note de Bertrand DUPERRIN
- Les réseaux sociaux, nouvelles pierres angulaires du travail collaboratif - Article sur Journal du Net Solutions
- Enterprise 2.0 Blog » Blog Archive » Social Media vs. Knowledge Management: A Generational War
- Ten Common Objections to Social Media Adoption and How You Can Respond - ReadWriteWeb
- Americans demand social media
- What the F**K is Social Media?
- Social Media Optimization: An Easy Gui...
- Crucial Conversations In Social Media
- Social network websites: best practice...
- Social Media Strategy
- Social Media Measurement
- Social Media Is...
- The Future Of Social Networks
- Social Media
- Download details: How to Get the Most Value from Social Computing for ...
- Collaborative Thinking: Employee Networks (E2E)
- Etude Moovement - réseaux sociaux, quels usages? " SlideShare
- Réseaux sociaux & utilisabilité " SlideShare
- Etude sur le Social Networking (72 pages en PDF)
- IBM Fringe: Employee social networking with a purpose
- Social software that power Intranet 2.0
- Comment tirer profit des réseaux sociaux professionnels ?
- Quelle stratégie pour s’engager dans les médias sociaux ? | Médias sociaux
- Les réseaux sociaux en entreprise : Un potentiel inexploité qui fait saliver…

par Tecoman publié dans : Réseaux sociaux
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Mardi 21 octobre 2008
Si IBM travaille à intégrer Second Life à ses solutions (telle SameTime), Linden Labs n'est pas en reste, ayant compris que l'Univers s'ouvrira alors un réel potentiel de développement via les entreprises, en tant que solution de travail collaboratif.

Jusqu'à présent, si SL offrait un environnement immersif propice aux réunions virtuelles, les outils mis à la disposition de ses résidents n'étaient guère adaptés aux besoins business.

Mais voilà que Linden Labs nous propose maintenant de transformer SL en solution de Web Conférence 3D, via la société Immersive Workspaces , qui nous offre les outils suivants :

- Réservation de salle de réunion
- Calendrier partagé
- Partage d'écran
- Partage de média : images, vidéo, Powerpoint, musique, sites web,...
- réseau social
- Gestion d'actions et de milestones
- Echange de messages
- Prise de notes
- News Feed
- Sondages
- Statistiques d'utilisation

S'ils continuent, ils vont finir par faire parler de SL à nouveau vous allez voir...! Bon, reste cependant à règler les problèmes d'ergonomie, d'accès, de sécurité (Firewall), de mise à jour et de déploiement des clients SL, etc... mais je parie qu'IBM va nous proposer une version commerciale de la chose rapidement, à moins que Linden Labs ne sorte avant une interface (web ?) optimisée (ils travaillent sur quelque chose de ce genre semble t-il).

Une vidéo de présentation ? Cliquez sur l'image :



Par Fabrice Poiraud-Lambert


Voir aussi :
  - IBM intègre Second Life à Sametime !
  - IBM croit toujours dans Second Life pour développer les Intranet de demain
  - IBM and Linden Lab Launch Collaboration to Further Advance the 3D Internet
  - Second Life n'est pas mort...
par Tecoman publié dans : Univers virtuels
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Dimanche 19 octobre 2008
Giiks nous rapporte quelques images intéressantes d'une innovation de Nokia qui se présente comme une paire de lunettes permettant de zoomer dans un paysage : l'arme ultime du touriste du futur ?

par Tecoman publié dans : Techno
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Samedi 18 octobre 2008
Je suis tombé sur un article très intéressant de Mc Kinsey (nov 2007) : Harnessing the power of informal employee networks , qui traite de l'intérêt des réseaux sociaux formels en entreprise.

Quelques schémas bien faits apportent matière à réflexion : Celui ci dessous illustre la réalité du terrain comparé aux organigrammes officiels. Je suis sûr que vous reconnaîtrez dans votre propre organisation cette situation qui vous fait passer plutôt par untel ou untel pour que les choses avances, alors que la logique voudrait que vous activiez leur hiérarchique.


Le schéma suivant illustre ce qu'il se passe lorsque le point focal de plusieurs réseaux informels vient à disparaître : les sous-réseaux se retrouvent privés des informations qui leur permettaient d'être efficaces, jusqu'à ce qu'un nouveau point focal apparaisse. Ce temps mort peut cependant être préjudiciable à l'efficacité de l'organisation. J'ai ainsi un cas en tête où ce ne sont pas un mais 3 ou 4 points focaux qui ont disparus en quelques semaines.


Mc Kinsey propose ensuite le schéma suivant qui montre comment structurer formellement un réseau informel entre plusieurs départements distincts :


Les réseaux sociaux d'entreprise apportent aujourd'hui des réponses nouvelles à des besoins d'agilité interne. Je détaillerai ce point plus en détail dans une série de billets en cours de conception.

Pour une synthèse de l'article de McKinsey, voir aussi le blog de
Bertrand Duperrin.

Toujours Chez B. Duperrin, très prolixe et particulièrement intéressant, jettez un oeil sur l'article suivant :
Ce que le management a à apprendre de la lutte entre Boeing et Airbus. Il propose des schémas similaires mais pour illustrer quelque chose de différent, toujours en rapport avec les réseaux sociaux et la hiérarchie.


Par Fabrice Poiraud-Lambert


Voir aussi :
-
Les réseaux sociaux pénètrent l'entreprise
- Information digitale, web 2.0, et les impacts sur l'humanité
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Mgt - Grands principes
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Jeudi 16 octobre 2008
Si certaines sociétés assurent une quantité et une qualité de formation très importants à leurs collaborateurs (jusqu'à 40 jours par an dans le centre de support technique de Lotus Corp. par exemple), dans beaucoup d'autres c'est parfois beaucoup plus délicat, malgré les CIF, DIF et autres systèmes de financement internes.

Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, la veille d'entreprise était pour moi une activité un peu "secrète", sur des sujets pointus. Limite confidentielle. D'ailleurs, les rapports des veilleurs sont souvent destinés à une population d'élite, triée sur le volet (Qui a dit que la connaissance c'est le pouvoir ?).

Par ailleurs, une activité de veille à titre personnelle peut être lourde à mettre en oeuvre et à maintenir dans le temps : c'est une démarche quotidienne ou presque qui nécessite pas mal de temps, ce qui peut être incompatible avec une vie de famille ou une vie professionnelle chargée.

Et puis, une idée un peu folle a germé en moi :
Puisque l'entreprise n'a pas les moyens de former son personnel, et parce que tout le monde ne souhaite pas ou ne peut pas nécessairement investir dans une démarche lourde de formation à titre privé, pourquoi ne pas concilier les deux et faire en sorte de développer une veille à large spectre, tant dans le nombre de sujets traités que dans la cible (destinataires) ?

Imaginons la page d'accueil d'un intranet, avec une zone de flux RSS dédiée aux rapports de veille, accessible par tous : 
- mettons en place une cellule de veille chargée de sélectionner sur internet des articles de fond sur des sujets pouvant avoir un intérêt dans l'entreprise, et ce dans tous les domaines (sociaux, économiques, écologiques, technologiques, etc...), pas seulement concernant la concurrence ou les articles qui citent le nom de la Maison. Les veilleurs auraient aussi pour mission de faire des synthèses des grandes tendances du moment sur ces sujets. Par exemple, un dossier sur la Génération Y pourrait intéresser les Managers.

- Plutôt que de ne réserver les rapports des veilleurs à quelques personnes, diffusons la connaissance au plus grand nombre, pour alimenter la réflexion et l'innovation. Au passage, les lecteurs seraient autorisés à commenter les documents, voire pourquoi pas (soyons fous), à en proposer de leur cru ou parmi ceux qu'ils ont trouvés eux-mêmes.

- Comme les veilleurs peuvent parfois ne pas se sentir reconnus pour le travail qu'ils font, ne pas oublier d'attribuer nominément chaque document trouvé à un veilleur, qu'il soit "officiel" ou spontané : cela permettra peut-être au passage d'identifier des experts méconnus dans l'entreprise.

Une telle démarche, que ne renierait probablement pas BlueKiwi, apporterait de la vie et de l'intérêt à un portail intranet, tout en permettant à chacun de butiner dans une connaissance pas toujours simple à agglomérer sur internet, tant elle peut parfois être eclatée en une miriade de documents disparates. 

Au passage, les sociologues nous décrivent la Génération G (celle qui arrive après les Y et qui commencera à frapper à la porte des organisations d'ici 5 ans) comme une génération qui n'approfondit pas ce qu'elle trouve et ce qu'elle lit: Avec une telle démarche, en organisant ce type de veille communautaire partagée, peut-être pourra t-on les aider à explorer certains domaines de manière plus profondes.

Par Fabrice Poiraud-Lambert

Lire aussi :
-
Delicious : l'indispensable compagnon du Veilleur !
- Veille partagée : comment faire simple et efficace
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Intranet 2.0
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Mercredi 15 octobre 2008
J'étais en train de travailler tranquillement tout à l'heure (pour autant que l'on puisse être "tranquille" à une semaine de la livraison d'un grand projet stratégique !), quand j'entends de grandes exclamations de surprises dans les bureaux d'à coté, et mon nom prononcé plusieurs fois... intrigué, je vais aux nouvelles...

Et je me retrouve nez à nez avec la dernière page (78) de 01 Informatique (du 16/10/08) brandie par un collègue pour le moins surpris de me voir occuper une bonne place sur la page "Blogs & Forums" avec une citation "poil à gratter" de Tecoman !

Pour le coup, c'était mon tour d'être effaré, n'étant pas prévenu. Après un contrôle de la page pour vérifier que je n'ai pas écrit un truc trop politiquement incorrect, j'avoue que je suis flatté que 01 lise ce blog mais en plus le cite.

Comme dit ma femme : "faut bien que ça serve à quelque chose de passer ses nuits à faire de la veille et à bloguer !"

Merci 01 :-)

Par Fabrice Poiraud-Lambert
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Humeur - Humour
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Mardi 14 octobre 2008
Nous sommes en pleine crise financière de première grandeur, qui amène les états à sortir presque magiquement près de 2400 milliards de dollars en quelques semaines (chapeau, au passage !). On finirait presque par croire qu'ils en disposent vraiment, et qu'ils ne sont pas souvent déjà massivement endettés.

Et pourtant, si cette crise laissera peut-être des traces profondes dans le tissus économique et surtout dans la vie d'un certains nombre de gens, on peut imaginer que, passés quelques mois voire au pire quelques années, il n'en restera pas grand chose. Les entreprises se seront mangées les unes les autres, avec l'aide des états et des deniers des contribuables, et le malheur des unes aura fait le bonheur des autres, qui en auront profité pour prendre le leadership sur certains marchés, dans des conditions particulièrement avantageuses et imprévues !

Bref, c'est un mauvais moment à passer, mais ça passera.

Et pendant que la finance panique les investisseurs, on peut lire ça :

Climat : la bombe a retardement du methane est enclenchee,
The Independent, 23/09/08 - Steve Connor
 
Les scientifiques ont decouvert la preuve que les fonds marins de l’Arctique commencent a liberer dans l’atmosphere des millions de tonnes de methane. Les chercheurs ont pu observer le bouillonnement provoque par le gaz a la surface de la mer.
The Independent a pris connaissance d’une partie des premiers resultats obtenus, qui suggerent que le gaz methane contenu dans d’enormes gisements sous-marins en Arctique s’echappe vers la surface en raison du rechauffement et de la disparition des glaces.
Le comportement de ces reserves souterraines de methane revet une importance majeure car les scientifiques pensent que leur liberation subite dans l’atmosphere a provoque par le passe une augmentation rapide de la temperature terrestre, entrainant des bouleversements du climat et meme une extinction massive d’especes. Les scientifiques embarques a bord d’un bateau scientifique qui a navigue sur toutes les cotes nord de la Russie ont decouvert des concentrations intenses de methane - allant parfois jusqu’a 100 fois les niveaux habituels - sur plusieurs zones, couvrant des milliers de kilometres carres sur le plateau continental siberien.
Durant ces derniers jours, les chercheurs ont observe des zones ou la mer bouillonnait sous l’effet des bulles de gaz remontant des « cheminees de methane » emergeant dans les fonds marins. Ils estiment que la couche de pergelisol sous-marin qui agissait comme un « couvercle », empechant le gaz d’etre libere, a fondu par endroits et permet au methane de s’echapper des depots qui s’etaient formes avant le dernier age glaciaire.
Les chercheurs mettent garde sur le fait que ce phenomene pourrait etre lie au rechauffement rapide qu’a connu la region au cours des dernieres annees.
Le methane est un gaz dont l’effet de serre est environ 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone et de nombreux scientifiques craignent que sa liberation pourrait accelerer le rechauffement de la planete par le biais d’un gigantesque processus de retroaction dans lequel le methane repandu dans l’atmosphere provoquerait une elevation des temperatures, ce qui aggraverait la fonte du pergelisol et libererait encore plus de gaz.
On estime que la quantite de methane piegee sous l’Arctique est superieure a la quantite totale de carbone contenue dans des reserves mondiales de charbon. Il est donc de toute premiere importance que ces reservoirs restent stables au moment ou cette region se rechauffe a un rythme plus rapide que d’autres parties de la terre.
Orjan Gustafsson, l’un des responsables de l’expedition, decrit l’ampleur des emissions de methane observees dans un email envoye depuis le navire scientifique russe Smirnitskyi Jacob.
« Nous avons travaille fievreusement pour terminer le programme de prelevement d’echantillons hier et la nuit derniere », ecrit le Dr Gustafsson. « Une vaste zone d’intense liberation de methane a ete decouverte. Sur les precedents sites nous avions observe de fortes concentrations de methane dissous. Hier, pour la premiere fois, nous avons observe une zone ou la liberation est si intense que le methane n’a pas eu le temps de se dissoudre dans l’eau de mer, mais arrive sous forme de bulles de methane a la surface. Ces « cheminees de methane » ont ete observees sur echosondeur et avec les [instruments] sismiques. »
Ces anomalies ont ete constatees dans la mer de Siberie orientale et la mer de Laptev. Elles portent sur plusieurs dizaines de milliers de kilometres carres, et totalisent des millions de tonnes de methane, a declare le Dr Gustafsson. « Cela pourrait etre du meme ordre de grandeur que ce que l’on estime actuellement pour l’ensemble des oceans. » indique-t-il. « Personne ne sait combien d’autres zones existent sur le grand plateau continental de la Siberie orientale.
Les resultats preliminaires de l’etude du plateau siberien 2008, en cours de preparation pour publication par l’American Geophysical Union, sont supervises par Igor Semiletov du departement de l’Extreme-Orient de l’Academie Russe des Sciences. Depuis 1994, il a dirige environ 10 expeditions dans la mer de Laptev. Durant les annees 1990, il n’avait pas detecte de niveaux eleves de methane, mais depuis 2003, il a fait etat d’une augmentation du nombre de « points chauds » de methane, qui sont desormais confirmes par les instruments plus sensibles qui sont presents a bord du Jacob Smirnitskyi.
Le Dr Semiletov suggere plusieurs raisons pouvant expliquer pourquoi le methane d’Arctique s’echappe desormais, dont l’augmentation du volume des eaux relativement plus chaudes qui sont rejetees des cours d’eau Siberiens en raison de la fonte du pergelisol terrestre.
La region de l’Arctique dans son ensemble a connu une hausse des temperatures moyennes de 4 degres centigrades au cours des dernieres decennies, avec un declin spectaculaire de l’etendue recouverte par la banquise durant l’ete. De nombreux scientifiques craignent que la disparition de la banquise ne puisse accelerer la tendance au rechauffement climatique car l’ocean absorbe plus la chaleur du soleil que ne le fait la surface reflechissante de la glace.

Les grandes "résolutions" des états pour réduire les gaz à effet de serre de 50% d'ici 2050 (ceux qui prennent ces décisions seront probablement morts d'ici là...) semblent dérisoires par rapport à ce qu'il va nous arriver d'ici beaucoup moins longtemps (2015 à 2025, maximum) si nous ne faisons rien TOUT DE SUITE. Mais je ne me fais aucune illusion, nous sommes ainsi faits qu'il nous faudra avoir la tête dans le mur pour prendre des mesures réellement efficaces et radicales (mais cette fois trop tardives). Si les deux dernières années ont vu une augmentation de prise de conscience environnementale assez sensible, le citoyen moyen a encore beaucoup de mal à comprendre ce que seront les effets sur sa vie (ou sur celle de ses enfants) d'une augmentation moyenne de 1, 2 ou 4 petits degrés (en moyenne !) sur le globe, sans parler du ralentissement rapide des courants marins profonds, de la disparition effrennées des espèces, etc etc. Et quand le citoyen comprend, ce sont les politiques ou les industriels, qui n'osent pas (encore) prendre des mesures qui pourraient se révèler anti-populaires.

La crise financière que nous traversons est probablement un minuscule hoquet comparé à l'ampleur de bouleversements climatiques (et donc économiques, sociaux, technologiques, etc...) auxquels nous serons confrontés très pratiquement et très prochainement (10 à 20 ans, au mieux, selon moi). Nous verrons si les états seront prêts à investir autant d'argent pour soutenir les conditions de la vie sur terre que pour soutenir une économie dont le seul modèle, canibale, est basé sur une croissance infinie.

Personnellement, je fais le pari que les technologies collaboratives, poussées aussi loin que possible, seront l'un des leviers (même modeste) pour lutter contre la dégradation du climat (via la réduction des gaz à effet de serre produits par les déplacements, à minima), en espèrant que nous aurons alors encore accès à un réseau global rapide : un climat trop dégradé pourrait en effet empêcher la production d'énergie ou de moyens nécessaires, ou briser les lignes de communication.

Par Fabrice Poiraud-Lambert
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Vision & Prospective
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