Mardi 11 novembre 2008
Litstudios.com tente de mixer technologie, art et aménagement intérieur. Leurs créations utilisent lumières, projections vidéos, interfaces tactiles. Ils proposent ici un miroir tactile sur lequel on peut dessiner numériquement.

En dehors de l'aspect purement esthétique (on ne jugera pas ici la consommation d'énergie que ce type de "décoration" doit demander), l'idée d'utiliser mettre un tel miroir tactile chez soit m'a fait penser à la prospective que j'ai imaginée récemment, où je décris aussi l'utilisation d'un miroir qui se transforme en écran de téléprésence tactile.

Finalement, il ne faudrait peut-être pas grand chose pour passer d'un miroir simplement ludique et décoratif à une interface pour utilisateurs distants : une web cam, une connexion entre les miroirs,...




Par Fabrice Poiraud-Lambert


Lire aussi :
- Télétravail 2.0 : le levier de l’Entreprise 3.0
- Microsoft Surface" : la High Tech au bout des doigts
- Interfaces tactiles : de l'Art à l'inutile (mais fun !)
- VisionAir : une interface multi-touch virtuelle et spatiale
- Sphère : la nouvelle interface tactile de Microsoft
- Touch Wall : le mur tactile selon Microsoft
- Un mur tactile de 5 m chez Panasonic
- Une interface tactile pour conçevoir la musique de demain


(Via Arno)
par Tecoman publié dans : Interfaces (IHM)
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Lundi 10 novembre 2008
par Tecoman publié dans : Interfaces (IHM)
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Vendredi 7 novembre 2008
Voilà un article de l'Atelier qui va faire froid dans le dos de nombreux professionnels du recrutement !

Le billet s'appuit sur une étude publiée par Forrester ("How Social Media Disrupts Onlie Classifieds") qui révèle comment les outils web 2.0 en ligne permettent l'émergence de pratiques nouvelles qui luttent contre certains comportement inadaptés, et aussi parfois avec les solutions web des professionnels du recrutement.

Selon l'Atelier, "les médias sociaux changent la façon dont les particuliers cherchent des emplois en ligne, grâce à des sites où il est possible de noter son patron, comme Glassdoor.com, induisent une transparence inédite pour les employeurs. Il en va de même pour des plates-formes telles que Wikia où l'on peut partager les informations les plus diverses sur des processus d'embauche. Les postulants à un emploi peuvent notamment y communiquer l'état d'avancement de leur candidature. Ce qui pousse les employeurs à être plus responsables : ils ne peuvent ainsi plus rejeter un candidat sans lettre de refus motivée, au risque d'être vilipendés sur le Net. Chacun de ces facteurs diminue un peu plus l'opacité des processus de recrutement et oblige les ressources humaines à considérer plus attentivement les candidatures qu'elles reçoivent."

Pire, toujours selon l'Atelier, "Ernst & Young, qui embauche plus de trois mille étudiants chaque année, est de plus en plus présent sur Facebook, sur lequel il prospecte à la recherche de nouveaux talent autant qu'il répond aux questions de personnes potentiellement intéressées"

Nous sommes donc dans une situation où entreprises et candidats commencent à construire eux-mêmes leurs propres réseaux et média de recrutement, en utilisant les solutions en ligne, gratuites, mises à leur disposition. Et ils en profitent pour échanger librement, solution qu'un site d'emploi "standard" aura bien du mal à proposer en raison de la structure de coûts et des contraintes que cela impose. Et on le sait, la Gen Y accorde beaucoup d'importance aux feedbacks qu'elle obtient sur un poste, raison pour laquelle elle privilégiera les sites d'emploi collaboratifs et communiquants aux sites qui se contenteront de les informer automatiquement que "si dans 3 semaines vous n'avez pas de nouvelles considérez que nous n'avons pas retenu votre candidature"...

Si nous sommes encore loin de voir les nouveaux formats de CV (flash, JPG, vidéo,...) détrôner le bon vieux CV traditionnel en mode texte chez les recruteurs professionnels, il se pourrait donc que le Web 2.0 vienne bousculer les pratiques d'une industrie déjà sévèrement chahutée par la crise économique naissante.

par Tecoman publié dans : Réseaux sociaux
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Jeudi 6 novembre 2008

Deux articles récents de Bertrand Duperrin, associés à plusieurs discussions que j'ai eu récemment avec des amis, m'ont donné envie d'écrire un mot sur le formidable potentiel des blogs, lorsque l'on sait les utiliser.

J'ai commencé à écrire et publier sur Internet en 1995. Les blogs n'existaient pas encore, et c'était le temps héroïque des premiers sites HTML, où chaque page était fabriquée à la main avec amour, et où l'on passait souvent plus de temps sur le coté technique de la chose que sur le contenu à publier.

J'ai rapidement réalisé alors que, quel que soit le sujet sur lequel on commence à écrire, et quel que soit son niveau de départ (à fortiori si on commence de zéro), la compétence propre de l'auteur croît rapidement au fur et à mesure, et ce d'autant plus qu'il partage avec d'autres. Et ce phénomène est d'autant plus vrai que l'Internet apporte de nos jours une somme de connaissances qui peut permettre à n'importe qui d'acquérir une expertise pointue dans n'importe quel domaine (l'expertise mais pas l'expérience). Les cabinets de conseil avisés en viennent d'ailleurs à vendre leur expérience plus fortement que leur expertise.

Les leviers de cette progression personnelle rapide sont à mon sens liés :
- à l'effort de documentation particulier que l'auteur tend à faire pour étayer ses écrits et ses propos
- au cercle vertueux suivant : je lis parce que je blogue, je blogue parce que je lis...
- à l'acuité intellectuelle créée par le "focus" sur un sujet ou un périmètre donné : ce qui serait probablement passé sinon inaperçu devient tout de suite évident à un regard affûté
- à l'exercice de synthèse rendu nécessaire par l'écriture : cet effort intellectuel particulier a l'avantage d'obliger la mémoire à fonctionner d'une manière plus efficace, et l'esprit à cristalliser une connaissance qui sinon resterait floue, moins précise.
- si on a la chance d'avoir des commentaires sur son blog, où si l'on participe à des discussions sur des forums ou dans des barcamps, l'échange fournit généralement énormément d'idées nouvelles. Ce n'est pas pour rien que de nombreux forums donnent un "grade" aux internautes en fonction du nombre de leurs contributions : plus on intervient dans une discussion et plus on capte de connaissance au passage.


Savoir et faire savoir
Comment le dit très justement Bertrand Duperrin (extrait de Outils on the cloud et bénéfices on the ground )  :

"Il me semble que c’est un excellent exemple de beaucoup de choses qui se passent online, en termes de réseau comme de production de contenus : faible valeur en eux même, grande valeur lorsqu’on arrive à en tirer les conséquences dans la vie réelle. Ce ne sont en sorte que des leviers. Des leviers surpuissants mais des leviers qui nous servent à embrayer sur des choses plus concrètes.

Quelle est la valeur de l’audience d’un blog ? D’un réseau ? De toute l’information que l’on peut trouver sur internet ? Zéro si on ne peut, ne sait ou n’a pas besoin de s’en servir dans sa vie “réelle”. Gigantesque dans le cas contraire. Mais ce qui aura de la valeur ne sera pas l’intangible mais ce que vous aurez fait grâce à lui."

Se développer individuellement est précieux, mais n'a de sens (à part si l'on entre dans le domaine du spirituel) que si l'on bâtit sur cette compétence nouvelle.


Le blog comme avantage concurrentiel personnel, ou comment améliorer ses entretiens de recrutement
Si vous bloguez sérieusement sur un sujet qui a une valeur pour l'entreprise, alors vous vous développez en augmentant votre valeur personnelle sur le marché de l'emploi. Cette pertinence vous sera alors utile pour vous distinguer du lot de vos concurrents, et démontrer votre compétence.

Un CV est finalement un support très froid qui ne montre qu'une expérience passée, mais pas réellement la compétence ou les domaines d'intérêts d'un candidat. Un blog révèle nécessairement beaucoup sur son auteur, ce qui pourra servir le candidat s'il le construit intelligemment.


Un cercle vertueux qui a clairement sa place en entreprise.
Si un individu peut progresser à titre individuel en écrivant sur un blog personnel, imaginons ce que pourrait donner une communauté de veilleurs passionnés quiblogueraient au sein de l'entreprise, chacun apportant le fruit de sa réflexion aux autres. C'est toute une communauté qui progresse alors, entraînant toute une suite d'effets bénéfiques :
- une motivation individuelle accentuée
- une forme de reconnaissance de l'entreprise qui se traduit par un engagement renforcé
- une communauté qui évangélise et fait progresser l'entreprise dans son ensemble
- une circulation accélérée des idées internes mais aussi et surtout des idées externes (innovation ascendante)
- une démarche d'innovation stimulée
- etc...

Cette communauté de veilleurs naturels capable de partager ainsi est par essence réduite. Empiriquement, sur la base de mon expérience, je dirais qu'une personne sur 1000 est ainsi capable de rédiger spontanément sa connaissance et de la partager. Il n'y a donc pas de risque de débordement, au contraire, mais ce chiffre de contributeurs peut augmenter si une communauté "noyau" montre l'exemple avec la bénédiction de l'entreprise.


Par Fabrice Poiraud-Lambert

 


Lire aussi :
-
Bloguer dans un contexte professionnel : le cas IBM
-
Le Blog en Entreprise : un potentiel à développer pour l'animation d'équipe
-
Les différents usages des Blogs en entreprise
- Mon meilleur souvenir de formation ? (Bertrand Duperrin)
par Tecoman publié dans : Mgt - Grands principes
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Mercredi 5 novembre 2008

1- De l'Entreprise 1.0 à l'Entreprise 2.0

Bien que cela puisse finir par être perturbant pour le lecteur, force est de constater que depuis l’avènement du « Web 2.0 », de nombreux concepts (marketing diront certains) sont apparus pour en décliner les implications sur un périmètre très large : Recrutement 2.0, Management 2.0, Formation 2.0, etc… la déclinaison la plus répandue étant probablement la notion « d’Entreprise 2.0 ».

Si le Web 2.0 décrit la capacité donnée aux utilisateurs de réagir et d’interagir entre eux, l’Entreprise 2.0 décrit les bouleversements liés à l’intégration des usages, des principes et des outils du Web 2.0 dans l’Entreprise, pour tout ce qui concerne les relations entre les individus, l’organisation au sens large, et plus généralement le concept d’entreprise :

Entreprise 1.0 (traditionnelle)
Entreprise 2.0 (en devenir)
Hiérarchique
Organisation plate
Bureaucratie
Adhocratie (agilité)
Rigidité
Flexibilité
Technologie pilotée par la DSI 
Technologie pilotée par les utilisateurs
Top Down 
Bottom Up
Centralisée
Distribuée
Equipes sur un seul site
Equipes globales
Silos et frontières
Frontières floues
Besoin de savoir
Transparence
Les SI sont structurés et dédiés
Les SI sont émergeants
Taxinomies (catégories centralisées)
Folksonomies (tags utilisateurs)
Très complexe
Simple
Normes propriétaires et fermées
Ouverte
Planifiée
Sur demande
Cycles longs
Cycles courts


On le voit, l’Entreprise 2.0 ne traite pas directement de l’intégration des outils et concepts émergeants dans l’organisation, mais de leurs impacts et des changements de paradigmes (visions du monde) que cela implique. Et ces bouleversements, s’ils ne sont pas simples à accepter et à intégrer, sont pourtant rendus nécessaires pour faire face aux contraintes d’un monde du change de plus en plus vite, rendant caduques les organisations antérieures et obligeant les entreprises à trouver le moyen de dépasser leur vitesse traditionnelle d’adaptation, sous peine de disparaître.

Pour autant, pour fonctionner, l’Entreprise 2.0 doit s’appuyer sur ce que j’appellerai ici l’Intranet 2.0, c’est à dire une vision de l’Intranet totalement refondue pour devenir un axe stratégique de développement de l’entreprise.

Construire ou refondre un intranet, en cette fin 2008, impose de se poser clairement la question de son rôle, et de définir une Vision. Les organisations ne peuvent plus guère s’offrir le luxe de construire une solution obsolète, ou d’empiler des briques les unes sur les autres, sans cohérence et sans but à moyen terme (Roger Nifle dirait peut-être sans donner du Sens à la démarche), d’autant que les solutions modernes, de plus en plus poussées par les utilisateurs (blogs, wiki, réseaux sociaux, flux RSS, tags,…) ont parfois des impacts très structurants qu’il ne faut pas ignorer sous peine d’échouer. Et échouer dans un contexte férocement concurrentiel signifie parfois perdre un avantage et le donner à ses concurrents, ou simplement perdre l’occasion de prendre l’avantage, ce qui peut tout aussi bien se solder par une catastrophe.

Il ne s’agit pas enfin de construire un intranet 2.0 juste pour mettre en œuvre des concepts et des outils nouveaux, mais pour répondre aux besoins réels de l’entreprise, besoins parfois mal identifiés, ou que les collaborateurs ont appris à oublier, faute de solution proposée ou d'espoir d'en avoir une un jour.


2- De l'intranet 1.0 à l'Intranet 2.0

Avec le recul, nous pouvons aujourd’hui décrire ce que l’Intranet 1.0 a été (et est encore souvent), et ce que l’Intranet 2.0 devrait être pour aller dans le sens de l’histoire :

Intranet 1.0 
Intranet 2.0
Actualités Corporate (top down)
Actualités rédigées par les intranautes (bottom up)
Discours formel des dirigeants
Blog des dirigeants
Taxinomie (classification centralisée rigide)
Folksonomie (classification utilisateurs)
Sondages
Forums de discussion
Message vidéo annuel
Podcast régulier
CMS
Wikis
Annuaires
Tags (sur le contenu, les utilisateurs,…) *
Contenu statique
Flux RSS
Workflows de validation systématiques
Les auteurs sont responsabilisés
L’utilisateur n’a que le droit de lire
L’utilisateur peut rédiger, commenter, publier
Contenu Centric
Utilisateur Centric
Personne ne sait qui est quoi
L’expertise de chacun est décrite dans son contexte
L’utilisateur cherche une information
L’utilisateur apprend et partage
Fermé
Ouvert sur des solutions externes / mashups
Moteur de recherche simple, périmètre restreint
Moteur de recherche puissant, sur un contenu large
Communiquant
Collaboratif
Corporate
Social
Fichiers joints
Contenu web, images, vidéo
Inspiré par les solutions de GED
Inspiré par le web 2.0
Structuré en fonction de l’organisation
Structuré en fonction des besoins utilisateurs

*  Tags : Permet une organisation individuelle, naturelle, non structurée et à la volée de l'information, afin que chacun puisse cartographier l'information simplement selon son mode de pensée, pour la retrouver et le recouper au plus vite. Les « tags » (mot-clés apposés librement sur le contenu) en deviennent alors l'outil principal.


Chaque ligne de ce tableau (non exhaustif) nécessiterait un billet en soit, afin d’en expliquer l’intérêt, la portée et les concepts qui s’y cachent.


3- Intranet 2.0 : ses apports et son rôle

Si l’intranet 1.0 avait une mission très centrée sur la communication Top-Down voire l’accès aux applications, l’Intranet 2.0 profite d’une vision beaucoup plus large.

Voici une liste à la Prévert non exhaustive de ce que l’on peut en attendre :

- Gestion de la connaissance / Partage des bonnes pratiques : Le savoir et l’expertise individuelle ne serviront à personne d’autre qu’à son détenteur, voire à son équipe, tant qu’il n’est pas exprimé noir sur blanc et ainsi rendu tangible.
 
- Collaboration :

- Gérer les projets
- Générer de l'intelligence collective
- Innover

- Communication :

- Entre les collaborateurs et les dirigeants
- Transverse entre les collaborateurs

- Accéder plus facilement aux autres collaborateurs (annuaire). Que l’on ne s’y trompe pas, pour l’annuaire comme pour presque tous les autres points abordés ici, il ne s’agit souvent pas de mettre en œuvre des solutions que l’on a déjà mis en place dans le passé. L’annuaire 2.0 (aller, nous ne sommes plus à un « 2.0 » près) présente certes les informations de base habituelles, mais aussi surtout des fonctionnalités « web 2.0 » intéressantes :

Annuaire 1.0 
Annuaire 2.0
Non modifiable par les collaborateurs 
Auto-alimenté par les collaborateurs
Informations de base sur chacun   
Information complète incluant le contexte
Compétence = fonction officielle
Compétence = gérée collaborativement via des tags
Indépendant du reste de l’Intranet
Connecté au contexte

Je n’ai pas prévu ici de rentrer dans le détail de chaque ligne, mais pour expliquer rapidement la notion de contexte, il s’agit de remettre chaque collaborateur en centre de son univers : collègues (organigramme), centres d’intérêts, mais aussi articles et commentaires publiés sur l’intranet, membre de son ou de ses réseaux internes, etc…

- La formation & le développement : via le elearning, en particulier en s’appuyant par exemple sur les technologies émergeantes de type Serious Games, beaucoup plus efficaces et fun que bon nombre de solutions utilisées jusqu’ici, et qui se sont révélées si peu performantes que le elearning reste encore aujourd’hui un domaine en devenir assez mal compris, malgré 10 ans d’existence.

- Gestion du changement et de la transformation de l’Entreprise :

- Pour changer la culture interne, via la consolidation ou de le changement des valeurs  (après les avoir identifiées…)

- Transmettre la culture, en particulier dans un contexte de forte rotation de personnel

- Réduire les coûts :

- En améliorant et simplifiant les processus de l'entreprise
- En facilitant de le travail à distance et/ou à domicile
- En travaillant autrement
- En répondant à des besoins non traités
- En dématérialisant les processus et les documents

- Accéder plus facilement et rapidement à l'information

- En réduisant les déplacements via les réunions en ligne
- En évitant la duplication des efforts

- Lutter contre :

- Une hiérarchie trop présente
- La complexité et l'inefficience
- Le cloisonnement interne
- la démotivation et le désengagement. Un employé engagé est plus apte à :

- Comprendre la vision et les but de l’entreprise et les supporter par des actions  
- Recommander les services et produits de l’entreprise à ses amis et à sa famille
- Travailler plus et mieux sans qu’on lui demande
- Accepter les challenges et la résolution de problèmes
- Voir son développement personnel comme étant lié au développement de l’organisation


4- Intranet 2.0 : Pour que ça marche

Malheureusement, contrairement à l’Intranet 1.0 (et encore…), il ne s’agit pas à une poignée de personnes de décider de mettre l’Intranet 2.0 en œuvre pour que cela fonctionne. On aura compris que toute l’organisation, ou du moins une part significative, doit être impliquée et partie prenante. Déployer L’intranet 2.0 est moins une question d’outil qu’une question de gestion du changement, de concepts et de réponse aux besoins.

De nombreux experts recommandent aussi de commencer « petit » par des outils simples, qui permettront de faire la même chose qu’avant mais en mieux, et surtout de donner l’habitude d’utiliser l’intranet au quotidien. La culture et les habitudes doivent évoluer, ce qui ne se fera pas brutalement, mais par petites touches permettant de démontrer la justesse de l’approche.

Faisons néanmoins une synthèse (non exhaustive !) de facteurs clés :

- Les principaux facteurs clés :

- Une vision : où veut-on aller, pourquoi, et ce que cela apportera au business
- Un sponsor de haut niveau : sinon, la mission n’est pas impossible mais sera très lente
- Une ou plusieurs personnes dédiées (gouvernance) : pour monitorer et guider
- La volonté d'innover, pas seulement de maintenir
- La volonté de résoudre un problème de l'organisation
- Et/ou la volonté de répondre à un besoin business
- La capacité de sortir du cadre
- De tenir compte de la manière dont les utilisateurs conçoivent l'information
- De ne pas mettre des contrôles partout
- Une attitude « Open » : Transparence, autonomie, confiance, appétence pour l’échange, la communication, le partage, l’entre-aide, la co-construction, la collaboration
 

- Autres facteurs importants :  

- Laisser les utilisateurs expérimenter, même s’ils détournent les outils.
- Utiliser des outils simples, les mêmes que ceux utilisés à la maison
- Laisser les utilisateurs accéder aux utilisateurs
- Laisser les lecteurs devenir des auteurs (facteur d'auto-motivation)
- Montrer le contexte social de tout le contenu :

- Qui a écrit où il travaille
- Avec qui il travaille
- quels autres contenus il a publié => cela rend le contenu plus intéressant
- Via un annuaire auto-maintenu   => chaque contenu publié doit proposer un lien vers le profil de l'auteur
Ceci permet à chaque lecteur de faire connaissance avec les auteurs, de permettre la création de liens. Selon la société Intrawest Placemaking, ceci a permis un développement très important de la collaboration dans leur entreprise

- Rendre le contenu simple à trouver :

- Moteur de recherche évolué
- Ergonomie et navigation adaptée
- Tags sur tous le contenus ainsi que sur les personnes

- Signaler les changements du contenu :

- Pour ramener les lecteurs vers l'intranet
- Pour alimenter les réflexions / conversations
- Pour maintenir l'attractivité
- via du Push mail ou idéalement des flux RSS

- Amener chaque collaborateur à utiliser l'intranet au moins une fois, en particulier la partie édition de contenu / commentaires

- Lead by example : Obtenir la participation d'un ou des plusieurs dirigeants, en tant qu'auteur 

- Faire de l'intranet un outil de production : Il en deviendra incontournable et donc utilisé 

 - Rédigez vos documents directement dedans et non dans Word, y compris vos CR de réunion !                

- Utiliser une approche méthodique de la gestion du changement (exemple : Gérer le changement : Mnémotechnique ! )

Ceci implique de l'intranet soit simple, agréable à utiliser et adapté. Les utilisateurs doivent y trouver un intérêt personnel et exploiter les informations qui remontent des outils 2.0, pas seulement les laisser s'accumuler.


5- Les causes d'échecs constatées

Un certain nombre d’auteurs remontent des causes d’échec, dont voici une synthèse :

- Faire un pilote trop restreint quand cela ne peut fonctionner qu'avec un groupe large et une certaine taille critique
- Mettre en place des outils sans rien changer dans l'organisation (conduite du changement)
- Quand l'outil ne répond à aucun besoin organisationnel
- Quand on résonne « outil » au lieu d'avoir une vision, et de croire que l'outil se suffit à lui-même
- Quand la culture de l’entreprise est inadaptée au changement demandé
- En présence du syndrome du "Not Invented Here" ou "My Company is Different" : bref, cela ne nous concerne pas.
- Lorsque l’on ne sait pas vraiment qui sont les utilisateurs (la notion de Communauté de Référence chère à Roger Nifle)
- Lorsqu’il n'existe aucune étude des attentes des utilisateurs
- S’il n'y a pas de stratégie sur la manière de répondre aux besoins des utilisateurs
- Lorsque le PDG (et la Dir Com...) pense que l'Intranet est seulement une source d'information Top Down
- S’il n’y a pas d'impulsion : personne ne s'en occupe réellement



6- En conclusion

Le chemin de l’Intranet 1.0 à L’intranet 2.0 est semé d’embûches et nécessite de définir préalablement une Vision claire de ce que l’on souhaite obtenir in-fine. L’enjeu (la performance de l’organisation) est cependant de taille, et il justifie à lui seul que l’on tente le voyage.

J'ai conscience que ce billet est long, mais je souhaitais ici faire une synthèse qui puisse servir de guide à ceux qui cherchent de l'aide pour mettre en place un projet d'intranet 2.0. Comme je l'écrivais plus haut, chaque ligne, parfois sibylline, nécessiterait un billet en soi, et peut-être finirai-je pas les écrire tous ;-)

Par Fabrice Poiraud-Lambert
(Dédicace spéciale à Nicolas F., Grégoire P.et Benjamin M., : en leur souhaitant bonne chance.)


Lire aussi :
- Réseaux sociaux d'entreprise : pourquoi (pas) et comment
- Entreprise 2.0, Management 2.0, RH 2.0, Culture 2.0...
- Charlie vous parle de l'Entreprise 2.0
- Socio-Performance : un outil d'aide à la mise en place de réseaux sociaux d'entreprise


Du Web 1.0 au Web 2.0 : Extrait de Wikipedia :
«Dans sa conception initiale, le web (nommé dans ce contexte le « web 1.0 ») comprenait des pages websystèmes de gestion de contenu servaient des pages web dynamiques, créées à la volée à partir d'une base de données en constant changement. Le web était considéré principalement comme un outil de diffusion et de visualisation de données, où des aspects comme le nombre de pages vues et l'esthétique revêtaient une très grande importance. statiques qui étaient rarement mises à jour, voire jamais. Une première évolution fut réalisée par des solutions se basant sur un web dynamique (parfois appelé web 1.5), où des

Les partisans de l'approche web 2.0 pensent que l'utilisation du web s'oriente de plus en plus vers l'interaction entre les utilisateurs, le crowdsourcing et la création de réseaux sociaux rudimentaires, pouvant servir du contenu et exploitant les effets de réseau, avec ou sans réel rendu visuel et interactif de pages web. En ce sens, les sites web 2.0 agissent plus comme des points de présence, ou portails web centrés sur l'utilisateur plutôt que sur les sites web traditionnels. L'évolution des supports permettant de consulter les sites web, leurs différents formats, amène en 2008 une approche plus centralisée sur le contenu que sur l'aspect. Les nouveaux gabarits web 2.0 tentent d'apporter un soin graphique, des effets, en restant compatibles avec cette diversité de supports. Dans le Web 2.0, l'internaute est acteur. Il contribue à alimenter en contenu les sites, blogs, wikis... »

Document sans nom
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Intranet 2.0
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Lundi 3 novembre 2008
L'Interaction Homme Machine (IHM) ne passe pas que par des écrans, des capteurs ou des surfaces tactiles. Elle peut se faire aussi en déguisant la machine en homme, afin de faciliter l'expression de l'émotion humaine. Des robots humanoides pourraient être très utiles pour gérer des enfants ou des personnes agées ou malades.

L'atelier nous prospose un article sur la robotique et la reproduction faciale des émotions humaines. Si le résultat n'est pas (encore) parfait, cela commence à être impressionnant.

par Tecoman publié dans : Techno
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Vendredi 31 octobre 2008
Voici une vidéo qui explique comment, justement, la vidéo est devenu l'un des principaux modes de communication d'une génération (Y).

Que devons nous en déduire pour les Entreprises ? Si la vidéo permet d'exprimer plus d'humain, elle fait aussi en sorte que ses utilisateurs ne lisent et n'écrivent plus (de toutes manières me direz vous, on ne peut guère qualifer le SMS de language digne de ce nom ;-). Quoi qu'il en soit, ce n'est probablement pas neutre, et ce se fait déjà sentir par exemple sur des sites d'emploi comme YouJob, ou des réseaux sociaux comme Seesmic, 100% vidéo.


par Tecoman publié dans : Culture & Société
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Jeudi 30 octobre 2008
Au fur et à mesure que j'explore le web, je collectionne les solutions que je trouve ici et là, pour vous en offrir quelques bouquets en synthèse :





Abandonnez PowerPoint pour SlideRocket : LA solution de présentation sur le web, avec des effets magnifiques, et une solution de web conférence intégrée !

A voir












Une solution de Web conférence et partage d'écran gratuite











Un générateur de réseau social.

Dans le même genre, un générateur de réseau social qui connait un fort développement aux USA (+251 % en un an) : http://www.ning.com/



















Photo credit: Craig Jewell

Partage d'écran : un comparatif de 25 outils











Après GreenHouse, voici
BlueHouse... La solution Saas de travail collaboratif d'IBM.






















Outil collaboratif en français qui permet de :
- partager des webmails, des agendas, des documents, des taches, des contacts
- avoir un tableau de bord avec agrégation de flux RSS (type Netvibes)
Le tout avec une une gestion fine des droits








Un outil de Time tracking








Si vous cherchez une alternative
francophone à Delicious, voici ce qu'il vous faut.
Une version pro est prévue, à utiliser au sein d'une entreprise.
par Fabrice Poiraud-Lambert publié dans : Outils
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Mercredi 29 octobre 2008

Il y a quelques semaines, je vous avais proposé une réflexion intitulée "Entreprise 2.0 + Télétravail 2.0 = Entreprise 3.0". J'aimerais revenir sur ce sujet avec un axe de réflexion un peu différent et une vision prospective sur les apports des technologies émergentes.  

Ce qui suit est un (très large) extrait du document suivant.

 (...)

2. Teletravail 2.0, le futur de l'entreprise ?

L'entreprise actuelle (souvent appelée Entreprise 1.0) doit donc faire face à un durcissement de son contexte économique tout en affrontant une révolution technologique, écologique et humaine sans précédent. Elle doit s'adapter, en tenant compte de contraintes parfois contradictoires et complexes, comme réduire les coûts tout en stimulant l'innovation, en répondant aux attentes de bien-être de ses collaborateurs (en particulier à celles des plus jeunes), et en devenant éco-responsable.

L'Entreprise 2.0 [11] émerge actuellement avec l'intégration des outils du Web 2.0 que sont les outils de gestion et de partage de la connaissance (tels que les Blogs, les Wikis, les Tags, les Flux RSS,...) et la capacité qu'ils offrent de partager l'information en permanence. S'ils répondent à de nombreux besoins et aspirations, ces outils n'humanisent cependant pas plus la relation que l'eMail ou les serveurs de fichiers. Seuls les plus technophiles y adhèrent spontanément (soit entre 3 et 20% des collaborateurs, selon les organisations), et si cela fluidifie les échanges en favorisant la créativité et l'innovation, cela ne permet guère l'apparition d'une nouvelle Entreprise, plus humaine.

L'entreprise du futur (L'Entreprise 3.0 ?) sera probablement plus étendue et éclatée qu'elle ne l'est actuellement :

- Etendue, pour faire participer les acteurs qui gravitent autour d'elle à ses processus d'innovation,
- Eclatée, pour faire face à ses besoins locaux et internationaux.

Elle sera donc amenée à adopter les technologies qui aboliront virtuellement les distances, tout en maintenant le lien humain dans les relations, ce qui lui permettra :

- D'adopter des organisations internes décentralisées répondant aux nouvelles attentes de ses collaborateurs,
- De réduire ses coûts (immobiliers, déplacements),
- De gagner en agilité grâce à la généralisation de la gestion de l'intelligence collective,
- De limiter son impact sur l'environnement.

Cette évolution du mode de fonctionnement des organisations permettra aussi de faciliter le processus de repeuplement des campagnes[12], les collaborateurs n'étant plus contraints de se rapprocher des grandes villes pour avoir des conditions de travail normales et acceptables.

Le développement des technologies émergentes jouera probablement un rôle majeur dans la capacité des organisations à faire face aux bouleversements auxquels elles sont ou seront confrontées, en favorisant une forme de Télétravail 2.0 qui n'éloignera pas les hommes pour autant, mais au contraire les rapprochera.

3. Des technologies traditionnelles insuffisantes

Les outils utilisés jusqu'ici permettaient partiellement de faire face aux besoins, mais nécessitaient de gros efforts de la part d'une majorité d'utilisateurs, afin d'adopter des modes de fonctionnement éloignés du fonctionnement naturel de l'homme : au lieu de se réunir physiquement, que ce soit dans une salle de réunion ou autour d'une machine à café, les outils actuels, dans leur majorité, impliquent la formalisation structurée par écrit et des échanges souvent déshumanisés, ce qui ne facilite pas leur adoption et utilisation naturelle par de nombreux collaborateurs (en dehors de la messagerie).

La technologie permet déjà communément depuis quelques années de combler certains problèmes liés à l'éloignement, en permettant :

- De se parler (téléphone)
- De se voir (Visio-conférence)
- De communiquer (sites web, eMails, Chat)
- D'échanger des documents (email, serveurs de fichiers partagés)
- De collaborer électroniquement (blogs, wiki)
- De partager visuellement des informations en temps réel (partage d'applications à distance, web conférence)

Pourtant, si les entreprises qui ont expérimenté le Télétravail 1.0 (utilisant les solutions listées ci-dessus) en énumèrent tous les avantages associés :

- Amélioration de la qualité de vie des salariés (selon les études, 46%[13] à 60 %[14] des salariés en rêvent),
- Economies réalisées pour les collaborateurs (à minima sur les transports) et pour les entreprises (par exemple sur les surfaces de bureaux nécessaires),
- Productivité augmentée de 20%[15],
- Plus de motivation et moins de stress,
- Compétitivité accrue via une augmentation de la flexibilité,
- Attractivité renforcée de l'entreprise, voire sauvegarde de l'emploi,
- Allègement des charges fixes, réduction de la pollution,

il n'y a pourtant que 7,4% de télétravailleurs en France (contre 15% en moyenne en Europe du Nord[16] et 25% aux USA[17]), dont 5,4% en nomade et 2% à domicile[18].

La responsabilité de cet état de fait semble actuellement principalement liée à un frein managérial très culturel en France. Les managers perçoivent la distance comme une perte de contrôle[19], les outils à leur disposition ne permettent pas de répondre à toutes leurs attentes.

Compenser cette inquiétude avec les moyens traditionnels implique une remise en cause délicate des modes de management et la mise en place d'une relation plus formelle, avec des objectifs et des délais précis, des réunions physiques ou téléphoniques régulières et prévues à l'avance, etc. le tout afin de rassurer les managers sur la productivité des collaborateurs distants. Mais une transformation de ce type rencontre beaucoup de résistance, en raison de l'effort trop important à consentir.

4. Des technologies émergentes pour l'Entreprise de demain

Les technologies émergentes, encore peu utilisées par les organisations (hormis quelques pionniers comme IBM, SUN, CISCO,...) offrent maintenant de nouvelles opportunités, et ce d'autant plus que l'informatique et l'internet haut débit sont largement diffusés.

Ces nouvelles technologies vont offrir à la fois des solutions écologiques et durables, mais aussi la capacité pour les employés d'habiter où ils le souhaitent, y compris dans les zones les plus rurales.

[Prospective] Sainte-Marie du Lac, en 2018... à 200 km de Paris

Assis à son bureau de chêne doré, Chris regardait sans le voir un héron tenter d'attraper une grenouille dans le Lac du Der, à quelques pas derrière la fenêtre de son bureau panoramique. Il était préoccupé par la phase de déploiement du sous-projet Greencar2, qu'il n'arrivait pas à placer de manière satisfaisante dans le planning du projet global. Et cela faisait déjà 30 minutes qu'il tournait les différentes possibilités en tous sens, sans arriver à trancher.

Il regarda sa montre : 13:45. Encore un peu tôt pour demander son avis à Alex, son contact au marketing à New York. «Bon, autant aller prendre un café en attendant...», se dit-il en se levant pour se diriger vers le coin cafétéria de l'immense pavillon loué à l'année pour usage professionnel, avec une douzaine de collègues de la région. Cette ancienne ferme transformée en bureaux, et financée à 50% par l'entreprise, leur permettait de limiter les déplacements au siège parisien, tout en mutualisant certaines ressources techniques et en maintenant un lien social. Equipée des dernières avancées technologiques en matière de capteurs solaires[20], l'énergie électrique consommée était produite sur place, par des fenêtres photovoltaïques produisant 100 fois plus d'énergie que les antiques panneaux solaires d'avant 2010.


L'un des principaux défauts du télétravail réside précisément dans l'éloignement, ce qui prive les managers de moyens de contrôle traditionnels, mais ce qui empêche aussi ces contacts informels fortuits qui permettent souvent d'obtenir des informations et de résoudre des problèmes. Les fameuses réunions de couloir et autour de la machine à café font ainsi partie de ce qu'il est délicat de reproduire à distance. Pourtant, la technologie nous offre maintenant la possibilité de reconstruire au moins partiellement ces précieux instants informels :

[Prospective] Sainte-Marie du Lac, en 2018... à 200 km de Paris - Suite 1

Chris traversa la pièce aux larges baies vitrées, parcouru pensivement le couloir séparant les anciennes chambres transformées en bureaux, et s'approcha de la machine à café placée dans une zone un peu en retrait.

Un carillon discret se fit soudain entendre, et une icône verte attira son regard en scintillant dans l'angle supérieur droit du grand miroir horizontal qui ornait le mur A. C'était l'icône qu'il avait attribuée à Jean-Christophe, son Directeur de Projet en charge du développement. Le miroir avait détecté la présence et l'identité de son téléphone portable, et avait immédiatement recherché la proximité des membres de son réseau professionnel à coté de l'un des autres miroirs connectés au réseau.

Chris leva la main et effleura rapidement l'icône qui pulsait doucement, avant de toquer à la vitre : Toc toc toc...

Il n'attendit guère : Jean-Christophe accepta la communication d'un mouvement de main. Il apparu soudain, en grandeur réelle, et en lieu et place de la surface réfléchissante du miroir, assis dans son fauteuil roulant au milieu du fatras habituel de son bureau de Tokyo croulant sous les papiers.

-«Bonjour Chris ! Comment ça va ?» l'interpella Jean-Christophe d'un air joyeux,
-«Pas mal ! C'est normal que tu sois déjà là ?»
-«Oui, j'ai un rendez-vous qui a été annulé...»

Chris leva les yeux vers la deuxième icône qui s'était mise à luire doucement en vert dans l'angle de son écran, révélant la disponibilité d'Alex. L'icône changea soudain de couleur pour tendre vers un bleu intense, et Chris entendit le 'toc toc toc' caractéristique signifiant qu'Alex souhaitait lui parler. Il tendit le bras pour effleurer l'icône, et Alex apparu à son tour, dans un demi-écran, Jean-Christophe occupant l'autre moitié, chacun pouvant maintenant discuter avec les deux autres en les voyant en grandeur nature.


Dans cet exemple, le système décrit protège la vie privée car les personnes ne communiquent que si elles l'acceptent formellement. Cependant nous pourrions parfaitement envisager un lieu public où les écrans-miroirs transmettraient en permanence l'image des personnes à proximité. Ce système pourrait d'ailleurs être mis en place au sein d'un même bâtiment, dans les espaces détente de différents étages, afin de faire tomber les barrières entre services.

En plus de recréer une réelle proximité, l'évolution des interfaces, qu'elles soient tactiles, collaboratives ou 3D, permet d'imaginer de nouveaux usages :

[Prospective] Sainte-Marie du Lac, en 2018... à 200 km de Paris - Suite 2

-«Salut Chris»,
-«Salut Alex» répondit Chris. «Tu tombes bien : j'ai besoin de ton avis sur le planning. Tu as un moment ?»
-«Ha, désolé, mais j'ai une réunion dans 5 minutes. Appelle-moi dans 2 heures ? Au fait, tu as mon nouveau numéro de téléphone portable ?» demanda Alex.
-«Non, donne le moi»

Alex se rapprocha de l'écran et de l'index écrivit son numéro de téléphone sur la surface lisse. Le numéro apparu automatiquement dans le bon sens pour Chris, qui posa son téléphone portable sur un support prévu à cet effet. Il écrivit le mot ALEX à coté du numéro de téléphone avec son index et traça un cercle autour du texte. Puis il posa son doigt dans le cercle et le glissa d'un mouvement fluide en direction de son téléphone portable. Le numéro de téléphone sembla glisser vers l'appareil, et y disparaître, mémorisé dans son carnet d'adresses.

-«Ok, c'est bon. Je t'appelle à...11:00 heure, heure de NY» dit Chris, en s'aidant de l'horloge à l'heure de NY qui s'affichait dans la vision virtuelle offerte par ses lunettes augmentées.
-«Moi aussi j'ai un truc à vous montrer avant ma réunion» dit Alex. «La nouvelle version de notre catalogue papier promotionnel [21]: On y a ajouté des images 3D en réalité augmentée [22] : il y en a presque sur chaque page maintenant, et elles sont toutes compatibles avec la norme RealGlass B.»



Plus encore, d'autres technologies permettent d'envisager la reconstitution virtuelle d'une partie des sens que nous utilisons dans nos rapports avec les autres, tels le toucher, la vue, la relation physique :

[Prospective] Sainte-Marie du Lac, en 2018... à 200 km de Paris - Suite 3

11:00 - Heure de NY

Chris entra dans la salle de réunion, prit un siège, et lança le NumeriBoard D. Après avoir vérifié l'initialisation du tableau et du mur numérique, il enclencha la connexion du VideoCom3D E en posant son index droit sur le capteur digital du boitier. Une mire de contrôle apparue fugitivement sur le grand écran plat vertical posé à un mètre de lui sur le bureau, avant de proposer la liste de ses contacts habituels. D'un geste de la main, Il activa l'icône affectée à Alex, et attendit.

Toujours ponctuel, Alex accepta la communication et apparu à l'écran en grandeur réelle, confortablement installé dans un siège, une cannette de soda négligemment tenue dans sa main droite revêtue d'un gant HaptiGlove C à retour de force.

-«Re-bonjour Chris. Alors, de quoi souhaites-tu me parler ?»
-«Salut Alex. Merci de m'accorder un peu de temps» répondit Chris. «Je voudrais te montrer le planning du projet, pour que tu me donnes ton avis. Je te l'affiche sur le NumeriBoard».
-«Quel est le problème ?»
-«Nous avons plusieurs phases du projet en conflit, ici, là, là et là » expliqua Chris qui s'était levé pour entourer de l'index les zones de conflits sur l'écran numérique. «Il va nous falloir définir la priorité des unes par rapport aux autres»
-«Je vois» fit Alex, pensif, en se levant à son tour pour s'approcher du planning affiché sur son propre terminal.

Pendant qu'il restait ainsi songeur à New York, son clone synthétique[23], automatiquement créé par le VideoCom3D, avait terminé son assemblage de milliers de catoms, sorte de microbilles cybernétiques [24], à quelques mètres de Chris. La réplique enjamba le rebord de la cuve-mère pour venir se placer devant le NumeriBoard.

-«Je propose de mettre celle-ci en premier, celle-là en deuxième, avant celle-ci et celle-ci» émit le double d'Alex de sa voix métallique, en soulignant délicatement les tâches de son index catomique. Chris prit quelques secondes de réflexion avant d'acquiescer.
-«ok. Ca me va à priori. Je vais vérifier que c'est faisable dans cet ordre et je te le confirme. Je peux te rappeler comme prévu demain soir ?»
-«Sans problème. Aller, faut que j'aille déjeuner. A demain Chris», répondit Alex en lui tendant une main synthétique, avant se déconnecter et de laisser sa réplique retourner à son statut de poussière intelligente dans la cuve-mère.


5. Vers l'entreprise du futur

Les contraintes et les bouleversements s'accumulent sur les organisations, mais les innovations technologiques offrent de nouvelles solutions pour résoudre, au moins en partie, les problèmes qui se posent. En développant le Télétravail 2.0, les organisations trouveront à la fois des réponses économiques, écologiques, organisationnelles et humaines.

La courte prospective précédente tente de mettre en situation de possibles futures conditions de travail distant, seulement esquissées aujourd'hui en raison de technologies immatures, incomplètes ou trop coûteuses pour être mises en œuvre à domicile.

Les nouvelles solutions émergentes (voir le détail en annexe) apportent en effet des réponses innovantes aux principaux freins existants :

- Le besoin de relations informelles
- Le besoin de maintenir le lien social malgré la distance
- La capacité à travailler à distance dans des conditions proches du réel

Toutes les organisations et tous leurs collaborateurs actuels ou futurs ne sont, ou ne seront pas culturellement prêts à sauter un tel pas. Quoi qu'il en soit ces technologies nécessitent encore quelques années de maturation et ce délai sera propice à l'évolution des mentalités. Cependant, les nouvelles générations sont, elles, préparées à ce type de virtualisation des relations, nées dans les Univers Virtuels, les jeux vidéo, le Chat, les interfaces numériques tactiles, et elles citent déjà la technologie comment une solution, sinon LA solution[25] à certains problèmes actuels.

Le potentiel est là, et les organisations qui sauront prendre le train en marche prendront de l'avance sur les autres, le temps que les générations Y & G prennent les commandes de toutes les entreprises.

Par Fabrice Poiraud-Lambert
avec la participation de Nathalie G., Philippe G. et Jean-Christophe L.


[1] Le Rapport Brundtland sur le développement durable :
[2]
Tecoman (2008), « Entreprise 2.0 & Générations Y et G »,
[3]
Tecoman (2008), « Génération Y : Apprendre à manager les Djeun's »,
[4]
Newzy (2008), « Les futurs internautes sont déjà de mauvais élèves »,
[5]
Source confidentielle
[6]
EmergenceWeb (2008), « Andrew McAfee est-il le messie...(suite et fin) »,
[7]
Jon Husband (1999), «Wirearchy is emerging ...",
[8]
Capital N° 203 (août 2008)
[9]
(2008), « Meet Charlotte, Web2.0 vs Entreprise 1.0 »,
[10]
Transports_&_impact_sur_l'environnement_preoccupe_les_Europeens_selon_un_sondage
[11]
Fred Cavazza (2007), « Une nouvelle définition de l'Entreprise 2.0 »,
[12]
Libération.fr (2008), « Le travail n'a pas la santé », http://www.liberation.fr/vous/332647.FR.php)
[13]
CSA (2005)
[14]
ANACT (2008), « Le télétravail au secours de la planète »,
[15]
Selon l'Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail (ANACT)
[16]
Libération.fr (2008), « Le travail n'a pas la santé »,
[17]
01net.com (2008), « Le Télétravail ne décolle pas en France »,
[18]
Journal Du Net (2008), « Télétravail, un concept en quête de formalisme »,
[19]
Libération.fr (2008), « Le travail n'a pas la santé », http://www.liberation.fr/vous/332647.FR.php)
[20]
Denis Delbecq (2008), "Un pas de géant pour le solaire",
[21]
Demo sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=S-G8u-01t0k
[22]
Pour en savoir plus sur la réalité augmentée
[23]
Todd C. Mowry (2007), "Claytronics and its Relevance to EJustice",
[24]
"Claytronics - Physical Dynamic Rendering",
[25]
Michael Wesch (2007), Kansas State University, "A Vision of Students Today", 

par Tecoman publié dans : Vision & Prospective
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Mardi 28 octobre 2008
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Par Fabrice Poiraud-Lambert
par Tecoman publié dans : Outils
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